Publié le 12 mai 2018

Les universités romandes attirent les étudiants de plus de 60 ans

185 personnes âgées de plus de 60 ans sont auditrices aux universités de Lausanne et de Fribourg.
Les de plus de 60 ans sont auditrices aux universités de Lausanne et Fribourg 19h30 / 2 min. / le 12 mai 2018
Les universités romandes accueillent chaque année plusieurs centaines d'étudiants de plus de 60 ans. Si la plupart sont des auditeurs libres, certains décident de s'immatriculer, avec un titre académique à la clef.

Le nombre de seniors immatriculés dans les universités romandes est généralement stable et peu élevé. Chaque année, une dizaine de personnes de plus de 60 ans sont enregistrées comme étudiants réguliers dans une faculté des universités de Lausanne et de Neuchâtel. Genève et Fribourg en comptent chacun une cinquantaine, selon les chiffres récoltés auprès des institutions romandes.

Martine Aeschlimann en fait partie. Cette ancienne infirmière de 61 ans est de retour sur le bancs de l'Université de Genève. Elle vise un master en psychologie dans trois ans. "La personne qui était à côté de moi le premier jour m'a tout de suite adressé la parole. Elle m'a demandé pourquoi j'étais là. Elle a trouvé que c'était absolument incroyable de revenir à l'université", confie Martine Aeschlimann dans le 19h30 de la RTS.

Auditeur libre, un statut qui séduit

Le statut d'auditeur libre, pour sa part, séduit de plus en plus de retraités et pré-retraités. Leur nombre a même doublé en dix ans sur les bancs des auditoires de l'Université de Lausanne, où ils sont passés de 31 en 2006 à 71 en 2016 et à Fribourg, de 65 en 2007 à 129 en 2017.

Les lettres, les sciences humaines ainsi que la théologie sont les disciplines les plus demandées par les auditeurs comme par les étudiants réguliers.

Ancien enseignant de 70 ans, Roland Bruggisser-Beaud a lui terminé un master en histoire contemporaine il y a quatre ans, poussé par une certaine peur du vide à sa retraite. "Je ne savais pas trop comment occuper mes journées, témoigne-t-il. Si je voulais me lancer dans un projet, c'était des études parce que ça m'accaparait suffisamment d'une part, et puis, d'autre part, ça pouvait aussi se prolonger pendant un certain nombres d'années."

A cet âge, la mémoire n'est parfois plus ce qu'elle était. Mais Martine Aeschlimann a d'autres atouts. "On compense avec l'expérience. Je trouve des fois plus facile parce que tout ce que j'apprends, je peux l'étayer sur mes expériences. La compréhension est souvent plus facile", raconte-t-elle.

Entre 30 et 50 diplômes par années

De son côté, l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ne compte aucun étudiant senior immatriculé. Elle n'enregistrait que deux auditeurs libres en 2014, 2016 et 2017.

Au total, entre 30 et 50 titres universitaires (bachelor, master, doctorat et licence confondus) sont remis chaque année à des personnes de plus de 60 ans sur l'ensemble des universités suisses.

Les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS) montrent que ces diplômes sont majoritairement obtenus dans les facultés de lettres et sciences humaines, où 265 titres ont été délivrés à des seniors entre 2007 et 2016. Suivent les facultés de droit avec seulement 29 titres en neuf ans, et celles de médecine et pharmacie avec 12 titres.

A noter que les étudiants de plus de 60 ans qui ont achevé un cursus académique entre 2007 et 2016 ont majoritairement obtenu des doctorats (30,2%) et des bachelors (27,7%).

Enquête web: Jessica Vial

Sujet TV: Melchior Oberson

Publié le 12 mai 2018

Attrait des programmes "troisième âge"

Les chiffres ci-dessus ne prennent pas en compte les programmes spécialement destinés aux seniors. Pourtant, les neuf universités du troisième âge de Suisse jouissent d'un succès stable. Elles totalisent actuellement quelque 17'000 cotisants contre 15'000 il y a une dizaine d'années, d'après Jean-Pierre Javet, secrétaire général de la Fédération suisse des universités du 3e âge.

Ces structures proposent plutôt des conférences sur des thèmes variés que des cours semestrialisés, souvent en collaboration avec les universités et hautes écoles. La plus grande d'entre elles, Connaissance 3, présente sur 11 sites à travers le canton de Vaud, a vu son nombre d'adhérents passer de 727 pour l'année académique 2012-2013, à 1200 pour l'année 2017-2018.

"On constate que l'on a un peu moins de jeunes retraités, ou alors seulement comme auditeurs occasionnels. Ils profitent de voyager, puis reviennent plus régulièrement aux conférences à partir de 70-75 ans", explique Jean-Pierre Javet.