Modifié le 09 février 2018

Enseignants choqués par une motion sur les sans-papiers au National

Certains craignent que les sans-papiers ne mettent plus leurs enfants à l'école.
Enseignants choqués par une proposition politique sur les sans-papiers La Matinale / 2 min. / le 05 février 2018
Une commission du National veut faciliter l'échange d'informations sur les sans-papiers entre organes étatiques, y compris avec les écoles. Mais cette proposition d'échange d'informations choque les milieux de l'éducation.

Dans une motion transmise au Conseil fédéral, la majorité de droite de la commission de la sécurité sociale du Conseil national appelle à une politique "cohérente et transparente sur les personnes sans statut de séjour régulier".

Ses membres UDC et PLR veulent mettre un terme à l'opacité régnant sur le nombre exact de sans-papiers en Suisse, tout comme sur les coûts qu'ils génèrent - entre autres - à l'aide sociale.

Qu'on puisse au moins nous donner le nombre d'élèves sans papiers qui sont à l'école obligatoire

Raymond Clottu

Ils proposent donc dans une motion de faciliter l'échange d'informations entre autorités étatiques concernées, y compris les écoles. Il faut que "dans une région donnée on puisse au moins nous donner le nombre d'élèves sans papiers qui sont à l'école obligatoire", explique le Neuchâtelois Raymond Clottu, conseiller national indépendant, membre du groupe UDC aux Chambres fédérales. "On n'a pas forcément besoin d'avoir des données nominales dans un premier temps, mais surtout d'avoir des données pour pouvoir quand même avoir cette transparence - notamment sur les coûts, puisqu'il y a une envolée des charges aussi bien dans le social que dans la santé."

Les enfants sans papiers ne seraient sûrement plus envoyés à l'école

Emilie Graff

Cette mesure scandalise les associations d'enseignants, mais pas seulement. Elle préoccupe aussi la vice-présidente de la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse (CFEJ), groupe d'experts indépendants. "Le grand danger de cette motion, c'est que les enfants sans papiers ne seraient sûrement plus envoyés à l'école", souligne Emilie Graff. "Et au cas où les parents pourraient prendre le risque d'envoyer leurs enfants sans papiers à l'école, (l'autre danger est) qu'ensuite la responsabilité d'une éventuelle expulsion, en cas de dénonciation à la police ou aux autorités de services de la population par exemple, soit portée par les enfants."

Seul un soutien d'urgence pour les illégaux

Les députés bourgeois veulent aussi contraindre les sans-papiers à se régulariser pour accéder aux prestations sociales. Un service étatique fournirait un soutien d'urgence à ceux qui resteraient illégaux.

Ces propositions partent maintenant au Conseil fédéral. Mais les partis de gauche promettent déjà de s'y opposer lors des débats au Parlement.

>> Ecouter l'interview de Samuel Rohrbach (Syndicat des enseignants romands) dans la Matinale:

Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands.
RTS
La Matinale - Publié le 05 février 2018

Marc Menichini/oang

Publié le 05 février 2018 - Modifié le 09 février 2018