Modifié le 31 janvier 2018

La grève de l'Agence télégraphique suisse reconduite mercredi

Grève à l'ATS: non aux restructurations
Grève à l'ATS: non aux restructurations 19h30 / 2 min. / le 30 janvier 2018
La grève entamée mardi matin par l'Agence télégraphique suisse (ats) devrait se poursuivre mercredi. La rédaction exige de pouvoir négocier avec la direction après l'annonce d'un plan de restructuration.

L'action, "de durée illimitée", a débuté mardi à 06h30. Elle a été reconduite pour la journée de mercredi.

Mardi, les journalistes de l'ats se sont d'abord rendus dans un établissement public de la ville, selon des images d'ats-vidéo. Vers midi, ils se sont rendus en cortège sur la Place fédérale, au son d'un concert de sifflets et en brandissant une banderole.

Plusieurs représentants de la politique et des syndicats ont exprimé leur solidarité envers les grévistes.

"Pas de vision stratégique"

Le mouvement est soutenu par les syndicats des médias Impressum et syndicom. Il a été décidé lundi soir lors d'une assemblée du personnel par 124 voix contre 8 et six abstentions, a indiqué la Commission de rédaction (CoRé).

La CoRé reproche en particulier à la direction de ne pas être entrée en matière sur ses principales revendications. Elle conteste l'ampleur et la rapidité de l'annonce des coupes (environ 36 postes sur un total de 150 équivalents plein temps dans la rédaction). Elle accuse aussi la direction de ne pas avoir de vision stratégique.

Pour la CoRé, le directeur de l'ats Markus Schwab fait peu de cas du personnel de l'agence. Elle lui reproche d'avoir déclaré dans une interview à la NZZ am Sonntag que l'ats n'avait de responsabilité que devant ses actionnaires.

>> Voir aussi les explications de Nouvo:

Pertes de recettes de 3,1 millions

L'agence a annoncé des pertes de recettes de 3,1 millions de francs pour l'année 2018. Celles-ci s'ajoutent à une perte de 1 million pour l'année 2017. En cause, une baisse des tarifs et l'abandon de certains services par les clients.

>> Lire aussi: L'ATS fournit jusqu'à 60% du contenu des médias en ligne romands

ats/ebz/pym/mh

Publié le 30 janvier 2018 - Modifié le 31 janvier 2018

Inquiétude sous la Coupole fédérale

A Berne, on s'inquiète de l'avenir de l'ats qui remplit aussi une mission de service public. Il en a été question lundi au sein de la commission compétente du Conseil des Etats. Le Parti socialiste souhaite que les collectivités publiques réagissent, même si la direction se montre intransigeante.

Le PS réfléchit au dépôt d'une motion pour venir en aide à l'ats lors de la prochaine session parlementaire. Mais il se pourrait que ce soit trop tard, comme l'explique le libéral-radical neuchâtelois Raphaël Comte au micro de la RTS. Pour lui, "les besoins de l'ats sont immédiats alors que la capacité de réaction du politique est plutôt à moyen terme". Il rappelle qu'il faut des bases légales et une discussion, "ce qui prend toujours du temps".

Le conseiller d'Etat vaudois Pascal Broulis a aussi soutenu dans La Matinale l'importance de l'ats pour la vulgarisation de l'information. "Il nous semble de notre devoir de rencontrer cette direction pour faire le point avec elle. (...) Il n'y a pas de démocratie sans média."

Une aide directe de la Confédération ne semble pas envisageable, selon Doris Leuthard

Interrogée mardi par la RTS, la conseillère fédérale en charge de la Communication Doris Leuthard a partagé les inquiétudes autour de la situation de l’ats, rappelant le rôle important joué par l’agence dans le paysage médiatique helvétique.

Doris Leuthard a par contre écarté l’idée d’un coup de pouce direct pour cette entreprise privée. De manière indirecte par contre, la Confédération est déjà abonnée à l’ats en 3 langues et lui verse actuellement près de 2,7 millions par an.

Par ailleurs, une consultation est en cours pour que, dès 2019, 2 millions supplémentaires inscrits dans la nouvelle redevance radio-TV s'y ajoutent. Toutefois, les remous actuels pourraient remettre en question cette aide.

>> Les explications dans l’émission Forum