Modifié le 25 janvier 2018 à 14:23

La redevance audiovisuelle a fait débat tout au long de son histoire

"No Billag" demande l'abolition de la perception d'une redevance destinée à financer la radio et la télévision.
Histoire de la redevance audiovisuelle en Suisse La Matinale / 6 min. / le 25 janvier 2018
Les Suisses se prononcent le 4 mars sur l'initiative No Billag, qui veut supprimer tout financement public de l'audiovisuel en Suisse. Retour sur l'histoire de la redevance, avec une plongée dans les archives de la RTS.

Les modes de financement du service public audiovisuel ont fait débat dès la première mention de ce qu'on appelait alors la taxe radiophonique, en 1946. La SSR plaidait alors pour une hausse de 15 à 24 francs par année.

"Forcément, en Suisse, la radio doit coûter plus cher qu'ailleurs. Nous avons un petit territoire, une population assez restreinte, au sein de laquelle nous ne pouvons pas trouver des auditeurs en nombre illimité", justifiait par exemple un commentateur politique de l'époque.

Davantage de moyens pour la télévision

La clef de répartition et la solidarité entre les régions linguistiques sont des principes qui existent depuis toujours. Mais il faudra attendre les années 70 pour que le débat s'enflamme. Avec l'apparition de la télévision dans les années 50, il faut davantage de moyens et les téléspectateurs seront eux aussi soumis au paiement d'une taxe.

Se pose aussi la question d'autres sources de financement: par la publicité notamment, autorisée à la télévision. Mais faut-il en faire à la radio? "Je crois qu'on on ne peut pas compter sur une extension infinie des ressources de la publicité, d'autant plus que nous entrons dans une ère économique difficile et que si certaines entreprises vont augmenter leur publicité, d'autres vont la freiner", répond le président de la Fondation de Radiodiffusion et de Télévision de Genève Jean Broillet, en 1974.

"Potentiel d'augmentation"

Quelques années plus tard, la SSR demande une hausse des redevances. Les années 80, elles, voient la libéralisation du marché et la fin du monopole de la SSR.

"La radio et la télévision ne coûtent ensemble que 77 centimes par jour. Ce montant est tellement bas qu'un potentiel d'augmentation existe à n'en pas douter. Il ne s'agit pas d'un enjeu purement économique, mais il en va de notre identité culturelle", soulignait le directeur des finances de la SSR en 1989.

Un franc par jour dès 2019

La société Billag naît une dizaine d'années plus tard, lorsque les PTT deviennent la Poste et Swisscom. Jusqu'alors, la redevance était comprise dans la facture du téléphone. Les ménages recevront désormais une facture trimestrielle.

La redevance se monte à 1 franc 12 par jour en 1998. Vingt ans plus tard, et après avoir encore augmenté dans les années 2000, elle va passer à 1 franc par jour dès 2019, suite à la nouvelle LRTV adoptée par les citoyens en 2015.

Taxe ou impôt?

Dans le même temps, la Suisse compte aujourd'hui 3,6 millions de ménages, qui seront tous assujettis à la redevance dès 2019, contre un peu plus de 3 millions de ménages à la fin des années 90.

Une loi sur la radio et la télévision qui a elle aussi suscité de vifs débats, car elle rendait la redevance obligatoire pour tous les ménages et les entreprises avec un chiffre d'affaires supérieur à 500'000 francs.

La redevance est-elle une taxe ou un impôt? Il en a beaucoup été question durant les débats. L'idée d'un impôt formel a été rapidement rejetée pour des questions de transparence et d'indépendance des médias.

Rouven Gueissaz/jvia

Publié le 25 janvier 2018 à 09:45 - Modifié le 25 janvier 2018 à 14:23