Modifié le 16 janvier 2018

L'initiative "de limitation" jugée utile pour clarifier les relations avec l'UE

La libre circulation est-elle mise à mal par l'initiative de l'UDC?
L'UDC lance son initiative contre la libre-circulation des personnes La Matinale / 2 min. / le 16 janvier 2018
A l'heure où l'UDC a lancé mardi la récolte de signatures pour son initiative contre la libre circulation des personnes, opposants et initiants s'accordent sur un point: l'utilité du texte pour clarifier la position des Suisses face à l'UE.

Le 9 février 2014, les Suisses s'étaient prononcés pour une limitation de l'immigration, alors qu'ils se sont toujours montrés en faveur de la libre circulation des personnes.

Tout un paradoxe que la nouvelle initiative de l'UDC "Pour une immigration modérée" (dite "de limitation) pourrait permettre de démêler. "L'éventuel mérite de ce texte, c'est de vouloir vraiment résilier les accords bilatéraux. Et donc de faire une sorte de Brexit à la suisse et sortir complètement du marché européen (...) Cela aura un effet assez clarifiant, car je ne crois pas que le population suisse veuille se retrouver dans la situation actuelle de l'Angleterre", a réagi mardi sur les ondes de la RTS le Vaudois Roger Nordmann, président du groupe socialiste au Parlement fédéral.

Une discussion bienvenue

Le maintien de la libre circulation est la condition indispensable imposée par Bruxelles pour poursuivre la voie bilatérale. Un débat bienvenu, qui sera relancé par le texte, selon le Zurichois Beat Walti, chef du groupe PLR aux Chambres: "Cela pousse toutes les forces politiques à justifier ce que l'on doit faire. C'est le peuple qui décide là-dessus, ce n'est donc pas faux de le faire parfois". Pour le Zurichois, la question de limiter la libre circulation des personnes ne représente qu'un des éléments dans le dossier sur l'immigration: "Nous devrons montrer qu'il s'agit de tout un système", a-t-il précisé.

Pour rappel, cette discussion est également souhaitée par le Conseil fédéral: Doris Leuthard a récemment plaidé pour un vote de principe sur l'Union européenne.

>> L'interview du politologue Marc Bühlmann:

Marc Bühlmann, politologue, directeur de l’Année politique suisse.
Alain Arnaud - RTS
La Matinale - Publié le 16 janvier 2018

hend avec Rouven Gueissaz

Publié le 16 janvier 2018 - Modifié le 16 janvier 2018

Début de la collecte des signatures

La Chancellerie fédérale a examiné le texte de l'initiative "Pour une immigration modérée", l'a validé et l'a publié mardi dans la Feuille fédérale. La collecte des signatures peut donc commencer et elle durera jusqu'au 16 juin 2018.

L'initiative (dite "de limitation") vise à mettre fin à la libre circulation des personnes avec l'UE. Elle stipule que la Suisse règle de manière autonome son immigration. Si elle était acceptée par le peuple, le Conseil fédéral aurait un an pour négocier la fin de la libre circulation avec Bruxelles. Au cas où aucune solution ne serait trouvée, il faudrait dénoncer dans le mois qui suit les accords bilatéraux I, dont fait partie l'accord de libre circulation.

Ce texte est le fruit d'une volonté commune de l'UDC et de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN). Pour la droite dure, la loi d'application de la première initiative contre l'immigration de masse, acceptée le 9 février 2014, ne répond pas fidèlement à la volonté du peuple. Avec cette deuxième initiative, le Conseil fédéral n'aurait plus aucun moyen d'esquiver une mise en oeuvre stricte (ats).