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Le contre-projet à l'initiative sur la burqa "va faire entendre d'autres voix"

L'invitée d'actualité (vidéo) - Mallory Schneuwly Purdie, chercheuse senior au Centre Suisse Islam et Société
L'invitée d'actualité (vidéo) - Mallory Schneuwly Purdie, chercheuse senior au Centre Suisse Islam et Société / La Matinale / 7 min. / le 21 décembre 2017
Le Conseil fédéral a rejeté mercredi l'initiative qui vise à interdire au niveau fédéral le port de la burqa mais mise sur un contre-projet indirect. La chercheuse au Centre Suisse Islam et Société Mallory Schneuwly-Purdie salue cette décision.

Le contre-projet indirect prévoit d'inscrire dans le code pénal qu'il est punissable de contraindre une personne à se dissimuler le visage.

"C'est une bonne idée de lancer un contre-projet, sans lequel l'initiative serait sûrement passée telle quelle", estime Mallory Schneuwly Purdie, chercheuse senior au Centre suisse Islam et Société jeudi dans La Matinale de la RTS.

>> Lire : Le Conseil fédéral veut un contre-projet à l'initiative visant à interdire la burqa

Pour "un débat respectueux"

"Le Conseil fédéral prend en compte que cela va être un débat sur l'islam. Mais qu'on pose un contre-projet ou non, le débat sur l'islam, sur l'égalité des femmes, sur le terrorisme, va être là", souligne-t-elle.

Pour elle, le contre-projet est "important" car "on va entendre d'autres voix". "Il est important qu'on entende davantage les opposants, et qu'on entende davantage les musulmans que sur l'initiative contre les minarets".

Mallory Schneuwly-Purdie estime que le vote du peuple et les discussions qu'il va engendrer sont "une bonne chose, pour autant qu'on puisse avoir un débat respectueux", notamment sur les réseaux sociaux.

"Un signe fort"

Au sujet du texte en lui-même, elle reconnaît que punir ceux qui forcent les femmes à se voiler sera "difficile à mettre en oeuvre". Mais "il y a déjà une base légale qui interdit la contrainte dans notre code pénal. C'est peut-être un signe fort que d'essayer de rajouter un article qui aille dans le sens de punir les hommes qui forceraient les femmes à se voiler".

"On a tendance à taper sur les hommes mais la pression sociale vient parfois du groupes des femmes" et pas uniquement "d'un mari, d'un père ou d'un cousin", nuance la chercheuse. Cette contrainte reste toutefois difficile à dénoncer, c'est pourquoi "il est intéressant que le contre-projet prenne en compte les soupçons de voisins, de connaissances...", estime-t-elle encore.

Mallory Schneuwly-Purdie insiste aussi sur le fait que certaines femmes ont fait du voile un choix. "C'est quelque chose qui surprend, qu'on peut avoir du mal à comprendre, mais je ne vois pas quel serait le droit d'interdire ce port du voile intégral dans la Constitution".

Propos recueillis par Romaine Morard

Adaptation web: Jessica Vial

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