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La branche du tourisme suisse veut faire skier sa clientèle chinoise

Une touriste chinoise prend sa première leçon de ski à Mürren, dans l'Oberland bernois. [Peter Klaunzer - Keystone]
Une touriste chinoise prend sa première leçon de ski à Mürren, dans l'Oberland bernois. [Peter Klaunzer - Keystone]
La Suisse et la Chine intensifient leur collaboration dans le domaine du tourisme. Un protocole d'accord a été signé jeudi entre les offices du tourisme des deux pays, avec notamment le tourisme hivernal en ligne de mire.

En 2017, les touristes chinois auront passé 1,4 million de nuitées en Suisse, et ce chiffre devrait atteindre les deux millions d'ici 2022, selon Suisse Tourisme.

Mais l'un des prochains défis du tourisme suisse, évoqué jeudi lors du forum qui a réuni plus de 150 spécialistes suisses et chinois à Lausanne, sera d'attirer cette clientèle aussi pour la saison hivernale.

Il faut dire que l'industrie du ski est en plein essor en Chine: 12 millions de journées-skieurs ont été enregistrées dans le pays pour la saison 2014/2015, contre environ 10'000 une dizaine d'années plus tôt.

Et le gouvernement chinois ambitionne de mettre 300 millions de personnes sur les skis dans le pays d'ici aux Jeux olympiques d'hiver qui y seront organisés en 2022.

Une aubaine pour la Suisse et ses stations, qui espèrent profiter de ces nouveaux convertis aux sports d'hiver.

>> Evolution et prévisions des nuitées de l'hôtellerie suisse en hiver pour les touristes de Chine continentale et de Hong Kong:

"Les Chinois ne vont pas sauver les stations"

"Ce ne sont pas des fanatiques de ski, il faut les intéresser" en leur proposant des infrastructures et des services adaptés, souligne Dominique Fumeaux, responsable de la filière tourisme à la HES-SO Valais et ancien directeur de l'office du tourisme de Crans-Montana, invité vendredi de La Matinale de la RTS.

"On n'a rien fait de précis pour les Chinois, mais la clientèle haut de gamme est déjà là, et nous avons pris l'habitude. Nous avons amélioré notre service", répond-il, interrogé sur la possibilité de développer davantage d'offres "tout compris". Il évoque par exemple des services de navettes privatisés, ou l'apprentissage du chinois dans certains secteurs touristiques.

"Nous avons la concurrence des Etats-Unis ou du Canada pour le destinations hivernales, mais nous faisons partie des préférées", ajoute-t-il.

"Les Chinois ne vont pas sauver les stations de ski", nuance-t-il toutefois. Suisse Tourisme parle de son côté de "clientèle complémentaire".

>> Ecouter son interview dans La Matinale:

La Suisse a signé un protocole d'accord avec la Chine pour intensifier les collaborations dans le tourisme d'hiver. [Peter Klaunzer - Keystone]Peter Klaunzer - Keystone
Dominique Fumeaux, responsable de la filière tourisme à la HES-SO Valais / La Matinale / 6 min. / le 8 décembre 2017

60% des nuitées en été

Mais pour l'heure, Les touristes chinois viennent en Suisse principalement en été: 60% des nuitées qu'ils génèrent sont enregistrées entre juin et octobre. La plupart de leurs séjours helvétiques sont effectués en groupe, et sont de courte durée: ils s'inscrivent souvent dans le cadre d'un circuit en Europe.

Les régions de montagne ne sont pas les plus courues: les Chinois se rendent davantage dans la région de Lucerne et en Suisse centrale, mais aussi dans la région de Zurich et sur l'Arc lémanique.

>> Les nuitées de l'hôtellerie pour les touristes chinois (y compris Hong Kong) par région:

Jessica Vial

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L'olympisme comme "opportunité de visibilité"

Pour Ian Logan, directeur des Jeux Olympiques de la jeunesse 2020 à Lausanne, la Suisse a raison de jouer la carte du sport d'hiver, alors que Pékin organise les JO 2022 et que la Chine veut intéresser sa population aux sports de neige. "On est le pays des débuts des sports d'hiver (...) Quand on voyage dans le monde, l'olympisme c'est une marque, un aimant, un atout extraordinaire", souligne-t-il.

Pour lui, il s'agit de "saisir une opportunité de visibilité". "L'attractivité de la Suisse, au niveau de la Chine, de l'Inde, du Japon qui aura Tokyo 2020, par rapport au sport olympique, c'est essentiel", insiste Ian Logan.