Modifié le 30 novembre 2017

Céline Amaudruz: "J'ai subi des gestes inappropriés de parlementaires"

Céline Amaudruz, interrogée par la RTS, ce jeudi 30 novembre 2017.
Céline Amaudruz: "J'ai subi des gestes inappropriés à Berne" L'actu en vidéo / 1 min. / le 30 novembre 2017
Interrogée par la RTS, la conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE) dit avoir été victime à plusieurs reprises de gestes déplacés de la part de parlementaires à Berne.

"Ca m'est arrivé malheureusement plusieurs fois, soit, je dirais, du harcèlement un peu moral qui s'arrête aux propos, soit des gestes vraiment inappropriés et qui vous font vraiment réfléchir à où est-ce-que vous allez ou si vous osez encore prendre un ascenseur avec des personnes".

La vice-présidente de l'UDC suisse ne souhaite toutefois pas s'exprimer davantage dans les médias à ce sujet "par protection et pour le respect de ma sphère privée".

"Oser aller porter plainte"

Céline Amaudruz affirme par ailleurs qu'elle ne peut pas se réjouir "que les femmes osent désormais parler, parce que ça veut dire que les cas existent vraiment". Elle souhaite "qu'on puisse protéger les victimes et que les femmes osent aller déposer plainte, parce que finalement, c'est le seul moyen de faire en sorte que les auteurs ne recommencent pas".

Le témoignage de Céline Amaudruz intervient alors que Le Temps a révélé jeudi la plainte pour harcèlement contre le démocrate-chrétien Yannick Buttet. La conseillère nationale UDC a précisé que ses propos ne visaient pas le Valaisan.

>> L'analyse de Linda Bourget dans le 19h30:

Suspension du Conseiller national Yannick Buttet: les explications de Linda Bourget (2-2)
12h45 - Publié le 30 novembre 2017

Linda Bourget/pym

Publié le 30 novembre 2017 - Modifié le 30 novembre 2017

Lisa Mazzone confirme des gestes qui "dépassent le cadre de la séduction"

Interrogée jeudi dans le cadre de l'émission Forum, la conseillère nationale Lisa Mazzone (verts/GE) a salué la démarche "extrêmement courageuse" de Céline Amaudruz, étant donné la difficulté de témoigner. "Quand la femme se met à parler dans ce contexte, avec la dose de voyeurisme, de justice populaire qui compose cette situation (…) il y a le risque que ce soit sa vie à elle qui soit fouillée et scrutée…", a-t-elle expliqué.

Lisa Mazzone a par ailleurs confirmé des situations problématiques, des gestes qui parfois dépassent le cadre de la séduction: "Le plus lourd quotidiennement c'est cette sorte d'ambiance, d'atmosphère où l'on se permet des remarques sexistes ou tendancieuses."

Selon l'écologiste, les débordements ou dérapages se constatent surtout dans des cadres informels en dehors du Parlement, par exemple en soirée au cours d'événements, de réunions, de conférences… Des moments où vie privée et vie professionnelle sont mélangées: "C'est plutôt dans ce genre de contexte où cela va trop loin!"

"Il est important de montrer qu'il ne faut pas accepter et rappeler que l'on a un droit absolu à être respectées", a encore rappelé la conseillère nationale.