Modifié le 29 novembre 2017

Guy Mettan à nouveau accusé de servir de relais à la propagande russe

Guy Mettan, directeur du Club suisse de la presse.
Le Genevois Guy Mettan accusé de servIr de relais à la propagande russe La Matinale / 2 min. / le 29 novembre 2017
Reporters sans frontières reproche au Genevois Guy Mettan son militantisme prorusse autour d'une conférence organisée mardi au Club de la presse. L'affaire relance la polémique sur ses amitiés avec la Russie.

Des orateurs tous alignés derrière la propagande du régime syrien et de son allié russe pour dénoncer l'agenda caché des "casques blancs" en Syrie: c'est ce qui a fait réagir Reporters sans frontières. L'association reproche au directeur du Club de la presse de servir de relais à la propagande russe.

Si on regarde tout ce que j'ai fait au Club de la presse, c'est absolument irréprochable.

Guy Mettan

Le député démocrate-chrétien, ami indéfectible de la Russie dont il est citoyen, dit n'avoir rien à se reprocher ni à cacher et parle d'un faux procès. "Je sais qu'on cherche à me coincer, je sais qu'on cherche à me détruire, mais malheureusement impossible de me faire trébucher parce que, si on regarde tout ce que j'ai fait au Club de la presse, c'est absolument irréprochable."

Guy Mettan conteste également que ses autres casquettes remettent en cause sa crédibilité journalistique, à commencer par celle de président de l'Union des chambres de commerce entre la Suisse, la Russie et les ex-républiques soviétiques. "Je gagne ma vie comme journaliste, mon activité à la présidence de cette chambre de commerce est entièrement bénévole et je le fais sur mon temps libre", précise-t-il.

RSF Suisse pourrait se retirer du Club de la presse

Mais le journaliste, qui s'était vu décerner la Médaille de l'amitié par le président russe Vladimir Poutine, risque d'avoir plus de peine à faire taire ses contradicteurs que les précédentes fois où il a été attaqué sur son activisme prorusse.

La section suisse de Reporters sans Frontières dit vouloir discuter de son retrait du Club suisse de la presse. Et selon les informations de la RTS, plusieurs membres du comité de l'institution basée à Genève vont demander des explications à Guy Mettan lors d'une prochaine séance.

On ne peut pas ignorer que Guy Mettan est reconnu comme un apologiste du gouvernement de Vladimir Poutine.

Florian Irminger

Pour le Genevois Florian Irminger, défenseur des droits de l'homme en Europe de l'Est, le problème n'est pas tant le choix des conférences mais le profil de Guy Mettan lui-même: "On ne peut pas ignorer qu'au niveau international, Guy Mettan est reconnu comme un apologiste du gouvernement de Vladimir Poutine", fait-il remarquer. "Et c'est bien pour cela qu'il y a un doute, du coup, sur les activités du Club suisse de la presse."

Un audit du canton sur l'institution journalistique

Un audit commandé par l'Etat de Genève, principal bailleur de fonds, invite à analyser les multiples casquettes du directeur et son impact sur l'image du Club suisse de la presse dont le budget annuel avoisine 700'000 francs. Le président du gouvernement genevois François Longchamp a transmis cet audit à la RTS en précisant ne pas vouloir se mêler de la polémique en cours. Il attend des propositions de réforme en profondeur de l'institution d'ici à 2019.

Ludovic Rocchi/oang

Publié le 29 novembre 2017 - Modifié le 29 novembre 2017