Modifié le 28 novembre 2017 à 08:35

Elire nos politiciens par tirage au sort au lieu de voter?

Et si on éliminait les partis et les politiciens de carrière et qu'on les remplaçait avec des élections par tirage au sort? L'idée remet tout le système actuel en question, mais elle a de plus en plus d'adeptes en Suisse.

"A Bienne, on propose de désigner la moitié du Parlement par tirage au sort", explique Roland Gurtner, du mouvement citoyen Passerelle. "Ca veut dire que les partis politiques perdraient de leur pouvoir; ils ne représenteraient que la moitié du Parlement, ce qui empêcherait tout groupe politique d'obtenir une majorité", ajoute-t-il.

Pour Roland Gurtner, qui siège déjà au Parlement biennois, c'est un moyen de pirater l'ordre établi. Il veut responsabiliser les citoyens et réduire le "fossé entre population et politique".

L'exécutif de la Ville a répondu négativement à sa proposition. D'après les autorités, elle irait à l'encontre de la Constitution.

Le mouvement biennois n'est pas le seul à proposer un système d'élection au hasard. Les Suisses pourraient voter sur une initiative populaire, qui propose que le Conseil national soit tiré au sort parmi la population pour 4 ans, sans réélection possible.

Charly Pache de Génération nomination, à l'origine du texte pour lequel son mouvement devrait bientôt lancer la récolte de signatures, veut notamment supprimer les inégalités de représentation entre hommes et femmes.

Les élus ne risquent-ils pas de ne pas comprendre les dossiers complexes à traiter? "Aujourd'hui, il n'y a aucun test de compétence pour rentrer au Conseil national. Ce ne sont pas des surhommes. Ils ont un métier, une spécialisation, mais ils ne connaissent pas forcément tous les autres thèmes. Ce sont des choses qu'ils apprennent sur le tas", avance Charly Pache.

"Il faut aussi plus d'éducation politique"

Cette réflexion sur la répartition du pouvoir n'est pas nouvelle, rappelle Maxime Mellina, doctorant en sciences politiques à l'Université de Lausanne: "A Athènes, les personnes s'intéressaient à la politique, elles prenaient des décisions ensemble."

Pour lui, le tirage au sort est un outil parmi d'autres pour améliorer le lien entre citoyen et politique, "mais il faut aussi davantage d'éducation politique, une véritable démocratie vivante avec des associations politisées et une presse politisée".

Antoine Multone

Publié le 27 novembre 2017 à 21:04 - Modifié le 28 novembre 2017 à 08:35