Modifié le 21 janvier 2018 à 10:42

Le management sans chef se répand dans les entreprises suisses

Moins de hiérarchie, une nouvelle tendance dans les entreprises
Moins de hiérarchie, une nouvelle tendance dans les entreprises 19h30 / 3 min. / le 20 janvier 2018
En vogue en France et aux Etats-Unis, le modèle d'entreprise dit "agile", prônant la suppression totale de la hiérarchie pyramidale et l'autonomie des employés dans les prises de décision, se répand en Suisse.

Pour les 180 employés de Freitag, la hiérarchie pyramidale n'existe plus. Le fabricant de sacs zurichois mise désormais sur l'intelligence collective et expérimente, depuis septembre 2016, une gouvernance par cercle de compétences: l'holacratie.

Très structuré et rigide, ce management dit "agile" vise à favoriser l'autonomie des employés. "Freitag est passé d'une start-up à une organisation très classique. On s’est rapidement rendus compte que les décisions n’étaient plus prises à la base, là où le savoir se trouve, mais par la direction. On veut replacer le pouvoir décisionnel là où sont les compétences", explique Pascal Dulex, culture coach dans l'entreprise zurichoise.

De meilleures résultats

Le modèle d'entreprise agile peut prendre différentes formes en fonction du choix des entreprises. A la différence de Freitag ou de Swisscom, les CFF ont ainsi opté pour la sociocratie. Ce mode de gouvernance, qui a inspiré l'holacratie, est plus ouvert, plus malléable et libre de droits.

Au total, 1200 employés sont concernés par cette nouvelle culture d'entreprise qu'il s'agit d'apprivoiser. "Je dois apprendre à faire du management d'une nouvelle façon (...). C'est quelque chose de très difficle. Mais dès que vous commencez à travailler comme cela, vous remarquez tout de suite la différence. Les résultats sont meilleurs, plus rapides, plus intéressants", indique Stefano Trentini, responsable du développement web aux CFF.

Sa collègue Parsa Khan, responsable du service informatique, abonde: "On n’attend plus le OK du manager. On s'organise, on prend nos rendez-vous, on évalue les conséquences. Surtout, il n'y a plus de chacun pour soi, on veille les uns sur les autres."

A terme, cette nouvelle efficience devrait générer dix millions de francs d'économies par an pour les CFF. Ces derniers adapteront-ils bientôt la rémunération de leurs employés à ce nouveau mode de gouvernance? Pour l'heure, en Suisse, la start-up saint-galloise Advertima est l'une des seules à avoir franchi le pas du salaire unique. Le futur média zurichois Republik devrait également se baser sur ce modèle.

Noémie Guignard/kg

Publié le 20 janvier 2018 à 22:10 - Modifié le 21 janvier 2018 à 10:42