Modifié le 26 novembre 2017

La Suisse versera le "milliard de cohésion" à l'Union européenne

Visite de Juncker: la Suisse versera 1,3 milliards à l'Europe
Visite de Juncker: la Suisse versera 1,3 milliard à l'Europe 19h30 / 2 min. / le 23 novembre 2017
La Suisse veut verser 1,3 milliard de francs à l'Union européenne. Le Conseil fédéral a annoncé jeudi le déblocage d'un nouveau "milliard de cohésion" à l'occasion de la visite à Berne de Jean-Claude Juncker.

L'annonce était très attendue. La Commission européenne avait besoin d’être rassurée sur le versement par la Suisse du milliard de cohésion pour les pays d'Europe de l'Est. Le Conseil fédéral avait pris sa décision la semaine dernière, mais avait refusé de la communiquer. Ce silence a mal passé à Bruxelles.

L'enveloppe de 1,302 milliard sur dix ans ciblera la formation professionnelle et la migration. Des entretiens ont été menés avec les pays qui seront aidés afin de cerner leurs besoins. Un projet sera mis en consultation d'ici mars.

Le soutien accru à la formation professionnelle permettra de mettre à profit l'expérience suisse dans ce domaine en vue de stimuler la croissance économique et de lutter contre le chômage des jeunes dans les pays concernés, explique jeudi le gouvernement. Les projets dans le domaine de la migration auront quant à eux pour objectif de contribuer à une meilleure gestion des flux migratoires.

"Je ne suis pas venu en Suisse pour recevoir un cadeau"

Devant la presse jeudi à Berne, le président de la Commission européenne a expliqué qu'il n'était "pas venu en Suisse pour recevoir un cadeau de la part de Berne". "Il s'agit d'une décision unilatérale et souveraine de la Suisse, même si je suis bien sûr satisfait du résultat", a ajouté Jean-Claude Juncker.

La présidente de la Confédération a de son côté rappelé que le soutien à l'Europe de l'Est n'était "rien de neuf". "C'est un engagement pour la paix et la stabilité dans cette zone", a plaidé Doris Leuthard.

La Suisse avait en effet déjà libéré un milliard de francs pour les dix Etats qui ont rejoint l’UE en 2004. Se sont ensuite ajoutés 257 millions pour la Bulgarie et de la Roumanie, puis 45 millions pour la Croatie.

Partis bourgeois réticents

La décision de verser le"milliard de cohésion"ne fait toutefois pas l'unanimité dans les partis. UDC et PLR s'y opposent.

Pour l'UDC, ce versement est un scandale, révélateur d'une attitude de soumission face à l'UE. Elle appelle le Conseil fédéral à ne pas faire de promesses à l'UE avant la décision du Parlement. Le parti annonce également qu'il s'opposera au projet lors de la consultation.

Le PLR lie quant à lui son consentement au versement du milliard à plusieurs conditions. Les relations bilatérales doivent impérativement présenter des avancées durables; les projets doivent présenter une plus-value pour la Suisse.

Il demande également un état des lieux complet du dossier européen. Le Conseil fédéral doit montrer comment il compte défendre les intérêts de notre pays et poursuivre les accords bilatéraux.

>> Lire aussi : Laurent Wehrli: "on ne peut pas faire de pause" en matière de bilatérales

>> Les précisions de Pierre Nebel, à Berne:

Visite de Juncker: les précisions de Pierre Nebel depuis Berne
19h30 - Publié le 23 novembre 2017

ats/tmun

Publié le 23 novembre 2017 - Modifié le 26 novembre 2017

Pas d'accord-cadre en 2017

La Suisse et l'UE ont aussi fait le point jeudi sur l'accord-cadre réclamé depuis des années par Bruxelles pour garantir l'accès au marché européen via une reprise plus systématique par la Suisse du droit de l'UE.

Mais "deux ou trois divergences subsistent" et l'idée d'un accord pour la fin de l'année est abandonnée, a annoncé Doris Leuthard. Le but est désormais de trouver une solution d'ici au printemps prochain.

La question du Brexit a également été abordée entre Jean-Claude Juncker et la délégation suisse, qui comprenait aussi les conseillers fédéraux Alain Berset et Ignazio Cassis. Doris Leuthard a souhaité que la première phase de la sortie du Royaume-Uni de l'UE soit bientôt achevée, la Suisse devant déterminer ses futures relations avec Londres.