Modifié le 28 septembre 2017 à 12:36

Critiques contre un exercice d'urgence autour de la centrale de Mühleberg

Mise en service en 1972, la centrale nucléaire de Mühleberg sera fermée en 2019.
L’exercice d’urgence autour des centrales nucléaires dénoncé La Matinale / 2 min. / le 28 septembre 2017
La Suisse teste ces jours son dispositif de gestion d'accident nucléaire aux abords de la centrale de Mühleberg (BE). Pour Médecins en faveur de l'environnement, cette opération est déconnectée de la réalité et de la population.

La Suisse est-elle préparée à faire face à un accident nucléaire majeur? Pour se faire une idée, elle organise tous les deux ans un exercice général d'urgence autour d’une centrale atomique. C’est le cas de mardi à jeudi dans la région de Mühleberg (BE), avec un accent particulier sur la gestion des conséquences d’un accident à moyen et long terme.

"500'000 personnes vivent dans la zone de risque"

Spécialisée dans la lutte contre les dommages causés à la santé par la pollution, l'association Médecins en faveur de l'environnement dénonce une opération déconnectée de la réalité qui oublie les principaux concernés, c'est-à-dire les citoyens menacés.

"Ce n'est pas possible de travailler avec quelques douzaines de personnes et de dire que l'on fait un exercice d'évacuation ou de protection après un nuage radioactif", affirme le directeur de l'association Martin Forter, qui rappelle que plus de 500'000 personnes vivent dans la zone de risque de la centrale de Mühleberg. Pour lui, cet exercice vise à "se donner la légitimation pour laisser fonctionner les centrales nucléaires en Suisse".

La Confédération défend son exercice

Cette critique est catégoriquement réfutée par Kurt Münger, chef de la communication à l'Office fédéral de la protection de la population. "Il s'agit de tester la gestion d'un accident grave entraînant la dissémination d'une grande quantité de matières radioactives. Ca correspond aux mesures de protection qui ont été prises après les événements réels, à Fukushima ou à Tchernobyl par exemple", affirme-t-il.

Et Kurt Münger de préciser que l'idée d'impliquer davantage la population de la zone de risque a été envisagée, mais a été repoussée par les autorités car jugée disproportionnée dans le cadre d'un tel exercice.

Alain Arnaud/dk

Publié le 28 septembre 2017 à 10:21 - Modifié le 28 septembre 2017 à 12:36