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Jean Studer: "Le canton de Neuchâtel manque de personnalités phare"

L'invité-e de Romain Clivaz - Jean Studer, Ex-CE NE, président du conseil de surveillance de la Banque Nationale Suisse [RTS]
L'invité-e de Romain Clivaz - Jean Studer, Ex-CE NE, président du conseil de surveillance de la Banque Nationale Suisse / La Matinale / 10 min. / le 22 septembre 2017
A deux jours d'un triple vote qui pourrait mettre à mal la cohésion cantonale à Neuchâtel, l'ex-conseiller d'Etat Jean Studer a pointé dans La Matinale vendredi un manque de figures et de relève politiques dans son canton.

"On patine dans la recherche d'un nouvel équilibre cantonal, d'une nouvelle cohésion cantonale", a regretté Jean Studer.

Pour l'ancien conseiller d'Etat neuchâtelois socialiste, il appartient aux autorités de remettre l'ouvrage sur le métier pour trouver les solutions qui assurent le développement de son canton. "Depuis des années, on dépense beaucoup pour conserver mais on investit très peu pour développer", a-t-il déploré.

Dans le canton de Neuchâtel, on dépense beaucoup pour conserver mais on investit très peu pour développer

Jean Studer

"Affaiblissement général"

Et de pointer un certain manque de relève politique: "nous manquons de personnalités phare quelles que soient leurs activités et leurs orientations politiques, qui marquent le canton. Cette perte d'une certaines élite - au sens positif du terme - contribue à un affaiblissement général".

Et de poursuivre: "Après Berne, Zurich et Vaud, Neuchâtel était le canton qui comptait le plus de représentants au Conseil fédéral (...) Quand vous êtes l'un des cantons les plus riches de Suisse et que vous dégringolez et perdez, en deux ans, 15'000 emplois et 10'000 habitants, comme l'a connu le canton de Neuchâtel dans les années 1970, cela a forcément des conséquences collatérales sur d'autres niveaux".

>> Un extrait de son interview dans La Matinale:

Une situation "rare"

Les tensions qui existent entre le Haut et la Bas du canton s'expliquent notamment par la proximité de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds, selon Jean Studer: "Un rapide survol de la Suisse montre qu'il est extrêmement rare de voir sur un petit territoire comme le nôtre qu'il y ait deux grandes villes distantes de 20 kilomètres", a-t-il analysé.

"Il est très rare que la principale de ces deux villes ne soit pas la capitale. Il est aussi extrêmement rare que, pendant les Trente Glorieuses, ces deux villes aient connu une croissance identique et harmonieuse et que, tout d'un coup, l'une d'elle - La Chaux-de-Fonds en l'occurrence - perde beaucoup de substance en raison de la crise horlogère."

L'ancien ministre reste toutefois positif: "Neuchâtel reste un des Etats de la Confédération qui vient de voir l'un de ses citoyens (Didier Burkhalter, ndlr) occuper un poste important au niveau du Conseil fédéral et qui a une économie qui participe pour beaucoup aux résultats extrêmement positifs des exportations à l'étranger".

Propos recueillis par Romain Clivaz

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