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Les Suisses doivent décider de la manière de réformer les retraites

Le projet de réforme des retraites est porté par le ministre Alain Berset. [Lukas Lehmann - Keystone]
Le projet de réforme des retraites est porté par le ministre Alain Berset. [Lukas Lehmann - Keystone]
Retraite des femmes à 65 ans, baisse des rentes du 2e pilier, hausse de celles de l'AVS: le 24 septembre, les citoyens décideront s'ils acceptent la réforme des retraites élaborée par le ministre Alain Berset.

Le paquet de la réforme des retraites ou Prévoyance 2020, adopté de justesse par les Chambres en mars, vise à renflouer les caisses de l'Assurance vieillesse et survivants (AVS) tout en garantissant les rentes.

Sans ce projet, le fonds AVS accusera un déficit dépassant 10 milliards de francs en 2032 et les caisses de pension continueront à puiser dans les fonds des actifs pour servir les rentes LPP des aînés.

Retraite des femmes à 65 ans

L'un des points principaux de la réforme d'Alain Berset est l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans, avec un relèvement progressif entre 2018 et 2021. Cette mesure doit permettre de faire des économies à hauteur de 1,2 milliard de francs dans l'AVS.

Pour renflouer l'assurance vieillesse, le taux de TVA sera par ailleurs relevé de 0,6 point de pourcentage en deux étapes: 0,3 point dès 2018 puis 0,3 dès 2021. Les recettes escomptées se montent à 2,1 milliards de francs.

Baisse du taux de conversion

La réforme ne porte que sur la partie obligatoire de la prévoyance professionnelle. Les mesures ne concernent donc que les revenus annuels compris entre 21'150 et 84'600 francs. L'épargne du 2e pilier donnera droit à une rente moins élevée et le taux de conversion de 6,8% sera abaissé dès 2019, en quatre étapes, pour atteindre 6% en 2022. Pour un capital de 100'000 francs, un retraité ne touchera ensuite plus que 6000 francs par an.

Cette baisse sera compensée de deux manières: via une hausse des cotisations des salariés et patrons dans le deuxième pilier ainsi que par un bonus de 70 francs pour les nouveaux retraités et un relèvement de 150 à 155% du plafond de rente pour les couples mariés.

Un compromis qui ne satisfait pas tout le monde

Plus de vingt ans après la dernière réforme de l'AVS, seule la nécessité de revoir l'assurance vieillesse fait l'unanimité.

Pour le Conseil fédéral, le PS, les Verts, le PDC, le PBD et le PVL, la réforme est un compromis équitable, social et indispensable pour assurer le financement des rentes à venir. Si rien n'est fait, ce sera aux jeunes générations d'en supporter les conséquences. "Personne n'a exactement ce qu'il voulait", admet toutefois Alain Berset.

L'UDC, le PLR et une partie des milieux économiques ne veulent pas de cette réforme, dénonçant notamment un soutien trop généreux qui profite à tous, sauf aux retraités actuels. De manière générale, la droite trouve que la réforme renforce démesurément l'AVS et ne stabilisera pas le système des retraites.

Une partie des organisations féminines et certaines sections cantonales de la gauche et des syndicats rejettent quant à elles l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. Ce point les a poussées à lancer un référendum contre la loi. Pour elles, tant que l'égalité salariale n'est pas acquise, il n'est pas question pour les femmes de travailler jusqu'à 65 ans.

ats/boi

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Deux projets liés

La réforme comporte deux volets. Elle n'entrera en vigueur que si le peuple et les cantons disent oui à la révision de la constitution pour augmenter la TVA.

Comme le référendum lancé par des syndicats romands a abouti, le peuple devra se prononcer en plus sur la loi qui réforme les deux piliers. Un seul "non" suffira pour tout faire capoter.