Publié le 21 juin 2017 à 11:35

Le diagnostic préimplantatoire sera autorisé en Suisse dès cet automne

Le DPI autorisé, c'est désormais la question de son remboursement qui se pose.
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) ne sera pas remboursé par l'assurance maladie. [Gaëtan Bally - keystone]
Le diagnostic préimplantatoire, accepté par le peuple en juin 2016, sera autorisé en Suisse dès le 1er septembre. Le Conseil fédéral a fixé mercredi l'entrée en vigueur de la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée.

Avec le diagnostic préimplantatoire (DPI), technique utilisée depuis plus de 20 ans à l'étranger, une ou plusieurs cellules sont prélevées sur un embryon conçu in vitro et analysées avant son implantation dans l'utérus. But: déceler la présence d'éventuelles anomalies.

Cet examen ne sera pas remboursé par l'assurance maladie. Dans le cas des couples porteurs d'une maladie héréditaire grave, comme la mucoviscidose, il s'agit d'éviter que celle-ci soit transmise à l'enfant. La loi ne définit pas la notion de maladie grave.

La sélection d'embryons dans le but d'influer sur le sexe ou d'autres caractéristiques est explicitement proscrite, à moins que le risque de transmission d'une maladie grave ne puisse être écarté d'une autre manière.

Trisomie 21

La révision permet aussi de déceler la trisomie 21 et d'autres aberrations chromosomiques. Ce dépistage des aneuploïdies concerne en premier lieu les couples stériles. Le but est d'assurer que la grossesse se déroule au mieux et que la femme puisse porter son enfant à terme.

Avec l'ensemble des examens autorisés, selon les estimations du gouvernement, environ 500 à 1000 couples pourraient recourir au diagnostic préimplantatoire chaque année alors qu'on dénombre quelque 6000 tentatives de procréation assistée.

Des garde-fous

La plupart des pays européens qui permettent un diagnostic préimplantatoire pour déceler une maladie héréditaire grave acceptent aussi le dépistage des aneuploïdies. Ce n'est toutefois pas le cas en France, en Grèce, en Norvège et aux Pays-Bas.

Certains comme l'Espagne ou la Grande-Bretagne vont en revanche jusqu'à permettre le développement de "bébés médicaments". La Suisse ne le fera pas. La sélection d'embryons à même de faire par la suite un don de cellules souches à un frère ou une soeur atteint d'une maladie incurable restera interdite.

ats/dk

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Publié le 21 juin 2017 à 11:35

Autres nouveautés dans la loi

Le nombre d'embryons pouvant être développés par cycle de traitement en vue d'une procréation assistée sera quant à lui limité à douze. Aujourd'hui, seuls trois embryons sont autorisés par tentative de fécondation in vitro.

L'utilisation des spermatozoïdes d'un donneur après sa mort sera autorisée. L'interdiction de conserver des embryons sera aussi supprimée.

A l'avenir, les femmes qui recourent à la procréation assistée pourront se faire implanter un seul embryon et congeler les autres, ce qui devrait réduire le nombre de grossesses multiples et les risques qui vont avec.

Les embryons surnuméraires pourront être conservés cinq ans, avec une prolongation unique de cinq ans si le désir d'enfant est toujours présent. Comme le prévoit le droit actuel, ils seront ensuite détruits ou utilisés, moyennant de strictes conditions, pour la production de cellules souches.