Modifié le 02 juin 2017

Les fromagers et producteurs de lait suisses inquiets pour leur patrimoine

Les fromagers sont inquiets au sujet des ferments lactiques
Les fromagers sont inquiets au sujet des ferments lactiques 19h30 / 3 min. / le 02 juin 2017
La Confédération entend privatiser la production des ferments lactiques, ces cultures de bactéries donnant leurs saveurs aux fromages. Craignant un rachat par une entreprise étrangère, fromagers et producteurs de lait se mobilisent.

Ce sont les fromagers eux-mêmes qui ont confié la culture de ces souches bactériennes uniques à chaque fromage à l'Agroscope de Bielefeld (BE) il y a une cinquantaine d'année.

Sans ce système, le goût et la qualité du fromage seraient au mieux aléatoires. Et chaque année, près de 100'000 fioles quittent le laboratoire en direction des fromageries du pays. Près de 80% d'entre elles y ont recours aujourd'hui.

La reproduction de ces bactéries coûte cependant trop cher à l'Office fédéral de l'agriculture qui entend à présent la privatiser.

Une hérésie pour la branche

Pour Fromarte, l'idée de la Confédération est une hérésie. L'association faîtière des artisans suisses du fromage craint de voir tomber ce patrimoine dans des mains étrangères. Et l'affaire est suffisamment sérieuse pour qu'elle s'associe avec les producteurs de lait pour racheter la production des ferments lactiques.

Dans un document que la RTS a pu consulter, la branche prévoit de créer une fondation et une société anonyme pour contrôler tout le secteur. L'objectif? Sauver le patrimoine, mais aussi garantir que le prix des ferments lactiques n’augmente pas. Le coût de l'opération est devisé à 5 millions de francs.

Vente à l'étranger peu probable

Si la Confédération ne fait aucun commentaire sur ce projet de rachat, la direction de l'Agroscope juge très faible le risque que l'Etat vende cet héritage à l'étranger.

La décision finale devrait tomber au cours des prochains mois avec une seule certitude jusqu'à présent: si la production de bactéries sera privatisée à coup sûr, la recherche restera elle aux mains de l'Agroscope de Bielefeld.

Melchior Oberson

Publié le 02 juin 2017 - Modifié le 02 juin 2017