Modifié le 03 juillet 2017

Une initiative demande que le Conseil national soit élu par tirage au sort

Et si les Conseillers nationaux étaient élus par tirage au sort parmi les citoyens et non lors d'élections fédérales?
Et si les Conseillers nationaux étaient élus par tirage au sort parmi les citoyens et non lors d'élections fédérales? [Peter Klaunzer - Keystone]
L'ONG Génération nomination a débuté jeudi une récolte de promesses de signatures en vue d'une éventuelle initiative demandant que les députés soient désignés par le hasard et non par élection.

Tous les ans, 50 des 200 sièges de la Chambre basse devraient être attribués à de nouveaux citoyens tirés au sort en fonction de la population des cantons.

La proposition de Génération nomination fait l'objet d'un texte que les initiants, emmenés par le Fribourgeois Charly Pache, souhaitent officiellement lancer au printemps 2019.

Représentativité

L'idée n'est pas si farfelue, commente la BernerZeitung, qui interroge l'historien belge David Van Reybrouck, auteur de l'ouvrage "Contre les élections".

Une démocratie qui se limite aux élections n'a pas d'avenir.

David Van Reybrouck, historien et auteur, dans la BernerZeitung

Pour lui, les élections ne donnent pas la même chance à tous les citoyens, la majorité des élus étant issus du milieu académique. Selon lui, le tirage au sort permettrait plus de représentativité.

Il plaide pour un "système mixte", où le hasard peut être utilisé pour débattre des thèmes délicats.

"Avec des élections, l'indépendance est moindre, car les intérêts des partis politiques jouent un rôle", estime-t-il, assurant que les politiciens renoncent à certaines décisions par peur de ne pas être réélus.

jvia

Publié le 01 juin 2017 - Modifié le 03 juillet 2017

L'exemple de l'Irlande

L'historien belge David Van Reybrouck, auteur de l'ouvrage "Contre le vote" cite notamment l'exemple de l'Irlande, où un cercle de 99 citoyens tirés au sort a travaillé sur la nouvelle Constitution. Cette assemblée citoyenne s'est notamment penchée sur le droit à l'avortement, sujet très délicat dans un pays fervent catholique.

Après de longues discussions, ils sont parvenus à un amendement à la stricte interdiction de l'avortement, mais pas pour l'abolition totale de cette interdiction. Ces discussions ont également abouti à l'autorisation du mariage homosexuel.

David Van Reybrouck évoque aussi le corps citoyen formé alors que la Belgique n'avait pas de gouvernement en 2010-2011.