Modifié le 22 mai 2017 à 20:37

La Suisse veut combler son retard en matière de biosurveillance humaine

Mesurer la sensibilité à la pollution et aux produits chimiques
Mesurer la sensibilité à la pollution et aux produits chimiques 19h30 / 2 min. / le 22 mai 2017
La Suisse accuse du retard en matière de biosurveillance humaine, soit l’exposition aux substances chimiques ou la présence de carences alimentaires. Un projet-pilote de quatre ans va être lancé avec 1000 volontaires.

Par rapport à d'autres pays, la récolte de données de santé auprès de la population est fragmentée en Suisse. Il n'existe actuellement aucune stratégie coordonnée ou étude d'ampleur nationale donnant un aperçu de l'état de santé effectif de la population et permettant de comprendre l'impact, notamment à long terme, de notre environnement et de certains comportements.

Impact d'une pollution localisée

Faute de valeurs de référence suisses, les décisions politiques en matière de gestion du risque des produits chimiques sont pour la plupart basées sur les données de pays voisins. Or sans référence, il est impossible d'identifier et d'évaluer l'impact d'une pollution localisée, comme celle au mercure dans la région de Viège (VS) ou au radium à Bienne, ont indiqué lundi les responsables de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) à Berne.

Parmi les autres enseignements potentiels figurent les effets de la cigarette électronique, de même que ceux du glyphosate, du bisphénol A.

ats/ctr

Publié le 22 mai 2017 à 16:49 - Modifié le 22 mai 2017 à 20:37

Phase-pilote

La phase-pilote (2017-2020), approuvée il y a deux semaines par le Conseil fédéral, s'appuie sur la plate-forme de coordination de biobanques (Swiss Biobanking Platform/SBP).

Cette structure réunit les cinq hôpitaux universitaires et celui de Saint-Gall, avec un engagement de certaines universités et des Ecoles polytechniques fédérales (EPF). Un millier de volontaires âgés de 20 à 69 ans et représentatifs de la population seront recrutés d'ici à la mi-2018 à Lausanne et Bâle, explique Martine Bourqui, cheffe de la section Evaluation des risques à l'OFSP.

La publication des résultats est prévue d'ici 2020.

Etude de longue durée

Au terme de l'étude-pilote, le Conseil fédéral décidera de l'opportunité de lancer un programme national sur le modèle des cohortes SAPALDIA (pollution de l'air) ou CoLaus (maladies cardio-vasculaires). Les volontaires de l'étude seraient soumis à des examens de santé, des questionnaires et une prise d'échantillons biologiques à intervalles réguliers, tous les cinq à sept ans environ.

Cette vaste étude interdisciplinaire vise le recrutement à terme de 100'000 participants. Une taille d'échantillon élevée permet d'évaluer l'effet d'un facteur précis, et d'analyser des sous-ensembles géographiques ou des groupes de personnes à risque.
L'étude-pilote devrait coûter un peu moins d'un million de francs, tandis que pour le programme proprement dit, les coûts sont estimés à 10 millions de francs par an sur dix ans.