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Le Suisse arrêté à Francfort était un espion, confirme une parlementaire

Le parquet fédéral allemand reproche à ce Suisse d'avoir mené des activités d'espionnage. [Uli Deck - Keystone]
Le Suisse arrêté à Francfort était un espion, confirme une parlementaire / Forum / 2 min. / le 3 mai 2017
La vice-présidente de la délégation des commissions de gestion Corina Eichenberger a confirmé à la RTS que le Suisse soupçonné d'espionnage en Allemagne avait été mandaté en 2012 par le Service de renseignement de la Confédération.

C'est une affaire judiciaire digne des meilleurs films d'espionnage qui agite le monde politique suisse. Au cœur de cet imbroglio se trouve un homme de 54 ans, un certain Daniel M., citoyen suisse arrêté vendredi dernier à Francfort.

Le parquet fédéral allemand lui reproche d'avoir mené des activités d'espionnage pour une puissance étrangère.

Répondre à des activités d'espionnage allemandes

L'ambassadrice de Suisse à Berlin a même été convoquée mardi en fin de journée par les autorités allemandes afin de s'expliquer, car la Suisse aurait mandaté cet homme pour des activités de contre-espionnage, selon la version de l'avocat de Daniel M. Une version confirmée à la RTS par une représentante de la délégation des commissions de gestion, chargée de la surveillance du SRC, le Service de renseignement de la Confédération.

Sa vice-présidente, la conseillère nationale argovienne Corina Eichenberger, affirme que Daniel M. a été engagé par le SRC en 2012 pour répondre à des activités d'espionnage en provenance d'Allemagne. Son travail aurait permis de délivrer des mandats d'arrêt contre trois fonctionnaires du fisc allemand, accusés d'espionnage économique.

Explications exigées au SRC jeudi

Mais impossible d'affirmer que c'est pour ce mandat précis que Daniel M. a été arrêté vendredi. Corina Eichenberger est d'ailleurs très claire à ce sujet: sa commission n'a pas reçu d’informations en ce sens. Rien n'indique que l'arrestation par la justice allemande est liée à ces activités de contre-espionnage datant de 2012.

Des explications seront donc exigées au chef du SRC, Markus Seiler, dans une séance qui se tiendra jeudi matin.

Réactions contrastées sous la coupole

Mais qu'il y ait un lien ou pas, la Suisse a tout de même mis sur pied des activités de contre-espionnage en 2012. Sous la Coupole, certains n'y voient aucun problème et rappellent que savoir qui est à l’origine d'activités espionnes étrangères est l'une des missions du service de renseignement.

D'autres, à gauche notamment, se disent choqués. Selon le socialiste Carlo Sommaruga, il faut différencier les attaques qui mettraient en péril l'intégrité et la sécurité de la Suisse - dans ce cas, le pays peut répliquer - et les attaques d'une administration fiscale étrangère qui ne fait que pister ses exilés fiscaux.

Les autorités gardent le silence pour le moment

Le Conseil fédéral, mais aussi le SRC, se murent toujours derrière un "no comment" généralisé.

Mais le gouvernement ne pourra pas rester muet, puisque l'affaire a pris une tournure politique. Certains élus rappellent d'ailleurs que l'Allemagne est à la veille d'une échéance électorale importante. Et cette arrestation, tout comme la convocation de l'ambassadrice de Suisse, pourrait être une manière pour les autorités en place de montrer les muscles. En particulier pour le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, dont le parti, le SPD, brigue la chancellerie.

>> Une arrestation qui réveille des antagonismes:

Allemagne: l’arrestation d’un Suisse accusé d’espionnage réveille des antagonismes [RTS]
Allemagne: l’arrestation d’un Suisse accusé d’espionnage réveille des antagonismes / 19h30 / 2 min. / le 3 mai 2017

Pietro Bugnon/jzim

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