Modifié le 14 avril 2017

La loi sur la surveillance menace l'anonymat sur les réseaux wi-fi

De plus en plus de hotspots sont disponibles en Suisse romande.
La loi sur la surveillance menace l'anonymat sur les réseaux en wifi Le 12h30 / 1 min. / le 14 avril 2017
Les grands opérateurs internet s'insurgent contre le fait qu'ils devront fournir les données personnelles des utilisateurs de réseaux wi-fi selon la loi fédérale sur la surveillance, actuellement en consultation.

La future loi fédérale sur la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication demande aux grands opérateurs internet de fournir les données personnelles de toutes celles et ceux qui se connecteront ou tenteront de se connecter sur un réseau wi-fi.

Selon plusieurs médias alémaniques vendredi, de nombreux opérateurs s'insurgent contre cette disposition qui figure dans l'ordonnance d'application de la nouvelle loi, actuellement en consultation. L'avenir des cafés internet ou des connexions wi-fi dans les hôtels ou les restaurants serait en jeu, laissent entendre les opérateurs dans leur prise de position.

Noms, adresses et professions

La loi révisée, qui entre en vigueur l'année prochaine, leur demande en effet de pouvoir fournir notamment les noms, adresses, professions de tous ceux qui se connecteront sur leurs réseaux publics.

Pour le consommateur, ça signifie que pour avoir accès au wi-fi, il faudra d'abord s'identifier, par exemple au moyen de son numéro de téléphone portable, comme c'est déjà le cas pour les réseaux des CFF ou des cars postaux.

Les opérateurs y voient une intrusion beaucoup trop massive dans la sphère privée des utilisateurs, qui exigera par ailleurs - écrivent-ils - le déploiement de moyens techniques démesurés. C'est aussi une manière de soupçonner tous les utilisateurs d'activités illégales, ajoutent-ils.

Réponse nuancée

Le Département fédéral de justice et police (DFJP) nuance, en relevant que s'il est vrai que les gros opérateurs seront bel et bien soumis à cette obligation, elle ne concernera pas les lieux privés et les petits réseaux, cafés internet, restaurants, petits hôtels.

La consultation court jusqu'à fin juin, après quoi la loi entrera en vigueur sans autre possibilité de modification. Le référendum lancé l'année dernière n'avait pas abouti.

Alain Arnaud/lgr

Publié le 14 avril 2017 - Modifié le 14 avril 2017