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La montée du protectionnisme économique inquiète la Comco

Le logo de la Commission de la concurrence (Comco), à Berne. [Peter Klaunzer - Keystone]
La Commission de la concurrence s'inquiète du protectionnisme indigène / Le 12h30 / 1 min. / le 11 avril 2017
La Commission de la concurrence (Comco) - qui s'inquiète de la montée du protectionnisme économique en Suisse - a lancé mardi un appel aux cantons pour un maintien des conditions propices à encourager la concurrence.

La montée du protectionnisme économique s'observe sur l'ensemble du marché intérieur suisse, a relevé la Comco en marge de sa conférence de presse annuelle à Berne, pas seulement au Tessin, où le Parlement a décidé de serrer la vis dans l'attribution des marchés publics.

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Dans ce contexte, la Comco doit veiller au respect de la loi sur le marché intérieur, qui garantit l'accès au marché sur tout le territoire national pour les entreprises suisses. Mais aussi au respect des accords bilatéraux avec l'Union européenne, et au respect des procédures de l'Organisation mondiale du commerce.

Protectionnisme régional néfaste

Les cantons de Berne, de Vaud et du Tessin ont ainsi été rappelés à l'ordre l'an dernier. La Commission de la concurrence a constaté que ces trois cantons avaient durci leur cadre législatif pour certaines professions, notamment dans la sécurité privée ou la restauration.

La commission a, par exemple, fait recours contre la loi tessinoise sur l'artisanat. Le texte oblige les entreprises artisanales actives au Tessin à s'inscrire dans un registre ad hoc. C'est une violation de la loi sur le marché intérieur, selon la Comco.

Les responsables de la Comco vont rencontrer le Gouvernement tessinois à la fin du mois de mai pour lui rappeler sa responsabilité en matière de promotion de la concurrence. Une manière de rappeler à tous les cantons également que le protectionnisme régional est néfaste à terme pour les entreprises suisses.

"Risque de réciprocité"

"Ca signifie moins d'entreprises qui peuvent être actives sur un territoire, mais ça signifie aussi pour les entreprises tessinoises qu'il risque d'y avoir la réciprocité d'autres cantons: ça veut dire moins de chances hors du canton du Tessin", relève Vincent Martenet, président de la Comco. "Je pense qu'à terme ce n'est pas dans l'intérêt des entreprises tessinoises d'avoir de telles mesures de protection."

Rouven Gueissaz/lgr

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