Modifié le 06 avril 2017 à 15:34

Les intérêts économiques au cœur de la votation sur la stratégie énergétique

Magdalena Martullo-Blocher, patronne d'EMS Chemie, siège à la direction de Scienceindustries.
Les intérêts économiques au cœur de la votation sur la stratégie énergétique Le Journal du matin / 2 min. / le 03 avril 2017
La stratégie énergétique 2050 soumise au vote le 21 mai ressemble à un combat entre intérêts économiques qui va bien au-delà de la sortie du nucléaire. Les deux camps se déchirent pour les défendre.

Le projet fédéral rassemble notamment les paysans, les métiers du bâtiment ou Suisse-Eole alors que l'opposition réunit par exemple le secteur de la chimie, les livreurs de mazout ou l'industrie des machines. Et le phénomène implique aussi les personnalités politiques engagées dans la campagne.

Ainsi le socialiste Roger Nordmann préside le lobby de l'énergie solaire Swissolar alors que la Vert'libérale Isabelle Chevalley défend les intérêts de l'industrie éolienne. Or ce sont deux des principaux bénéficiaires de subventions destinées à promouvoir les alternatives au nucléaire.

Les gagnants du tournant "achetés par les autorités?

D'autres politiciens ont des mandats dans des entreprises actives dans le secteur de l'électricité ou l'assainissement des bâtiments, voire dans des conseils d'administration de barrages comme le PLR fribourgeois Jacques Bourgeois. Celui qui dirige aussi l'Union suisse des paysans (USP) fait même coup double: le paquet soumis au peuple est potentiellement favorable aux agriculteurs et prévoit une aide à la grande hydraulique.

Les gagnants du tournant énergétique sont donc nombreux, ce qui fait dire aux opposants qu'ils se sont laissés acheter par le gouvernement et le Parlement.

Des UDC au cœur des lobbies qui ont tout à perdre

Le constat est le même du côté des opposants à la stratégie énergétique. Albert Rösti, président de l'UDC suisse à l'origine du référendum, incarne à lui seul deux lobbies qui auraient beaucoup à perdre avec ce tournant énergétique. Le Bernois préside à la fois SwissOil, lobby du mazout et des combustibles, et l'association pro-nucléaire AVES.

L'engagement de Magdalena Martullo-Blocher dans la campagne n'est pas non plus désintéressé: la conseillère nationale UDC et patronne d'EMS Chemie siège à la direction de la faîtière des industries chimiques Scienceindustries. C'est l'une des principales branches économiques opposées à la stratégie énergétique, avec les machines et les plastiques.

Et chaque branche a fait ses calculs: certaines craignent la hausse du prix de l'électricité alors que d'autres croient au potentiel des nouvelles énergies en termes d'emplois, d'innovation et de croissance. Au-delà des enjeux idéologiques et climatiques, la campagne est bel et bien imprégnée par les intérêts économiques des uns et des autres.

Stéphane Deleury/oang

Publié le 03 avril 2017 à 07:43 - Modifié le 06 avril 2017 à 15:34