Modifié le 06 mars 2017 à 21:15

Des banques suisses accusées de fermer les yeux sur l'huile de palme

Huile de palme: le financement des banques suisses
Huile de palme: le financement des banques suisses 19h30 / 2 min. / le 06 mars 2017
Des banques suisses sont impliquées financièrement dans la culture intensive de palmiers à huile en Indonésie, dénoncent deux ONG, qui exigent qu'elles poussent les firmes qu'elles épaulent à respecter les lois locales.

Action de Carême et Pain pour le prochain ont présenté lundi une étude sur les liens entre 17 banques suisses et 20 des principales entreprises actives dans la production d'huile de palme. L'analyse a été réalisée par l'organisation de recherches néerlandaise Profundo sur la période de 2009 à 2016.

Une banque se détache du peloton, devant la Banque cantonale zurichoise et UBS: Credit Suisse a investi sur cette période 900 millions de dollars dans des entreprises actives dans l'huile de palme. Parmi elles, Bumitama et IOI Corporation, présentes dans le Kalimantan occidental.

Or ces deux firmes ont établi leurs palmeraies "sans l'approbation préalable des villageois" et dans des zones interdites, comme des terrains pentus ou des tourbières, ont constaté les analystes de Profundo lors de leurs visites sur le terrain.

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ats/tmun

Publié le 06 mars 2017 à 12:10 - Modifié le 06 mars 2017 à 21:15

"Pas de relations d'affaires" avec les producteurs non certifiés

Contacté par l'ats, Credit Suisse affirme qu'il "ne développe pas de relations d'affaires avec les producteurs d'huile de palme qui ne sont pas membres de la Table ronde pour la production durable d'huile de palme (RSPO) et dont les opérations ne sont pas certifiées selon les critères de la RSPO". La RSPO constitue une exigence minimale pour cette culture, selon le WWF qui a lancé l'initiative.

Mais Kartini Samon, représentante de l'ONG Grain, "ne tient pas en haute estime" ce type certification. La Table ronde reçoit "sans cesse des plaintes" de la part de communautés locales, en vain. Pour cette intervenante locale, de tels dispositifs ne sont "qu'un prétexte" pour laisser les mains libres aux multinationales et aux investisseurs.

Une culture intensive aux dégâts nombreux

"La culture intensive de palmiers à huile est la cause la plus importante d'accaparement des terres" en Indonésie, principal producteur mondial d'huile de palme avec la Malaisie, a souligné lundi Matthias Dörnenburg, directeur ad interim d'Action de Carême.

Mais l'explosion de cette monoculture entraîne d'autres dégâts: destruction des sols, monopolisation de l'eau, et menace sur l'existence des populations et des communautés indigènes notamment, comme l'a expliqué l'ONG Grain, qui combat en Indonésie les plantations industrielles de palmiers à huile.