Modifié le 14 février 2017 à 09:39

Face à Trump, la Suisse prépare une offensive de charme aux Etats-Unis

La Suisse est dans le viseur des Etats-Unis en matière de commerce.
L’offensive préventive de la Suisse face à l'administration Trump Le Journal du matin / 4 min. / le 14 février 2017
Craignant des mesures de rétorsion de la part de l'administration Trump en raison de ses déficits commerciaux avec les Etats-Unis, la Suisse organise ce jeudi une offensive de relations publiques au Congrès américain.

La présidence de Donald Trump constitue une réelle épée de Damoclès sur les pays avec lesquels les Etats-Unis ont un déficit commercial. C’est le cas de la Suisse, qui a un surplus d’environ 13 milliards de dollars.

Or, c’est tout ce que déteste le nouveau président américain qui y voit un argument en faveur de taxes aux frontières américaines. Si la Suisse n'a pas encore été citée explicitement, elle doit toutefois se préparer et avancer ses arguments. C'est pourquoi l'ambassade helvétique aux Etats-Unis organise ce jeudi une rencontre au Congrès, auprès des parlementaires américains, annonce mardi la RTS.

Mise en avant des services

La Suisse devrait plaider pour une prise en compte des services et pas uniquement des biens dans les calculs sur les échanges commerciaux. Ces services comprennent les consultants, les services informatiques, les services légaux qui permettent d'atteindre un bilan équilibré.

Les échanges d’or et de métal en général pourraient également être mis en avant par les représentants helvétiques pour tenter d'équilibrer la balance au profit des Etats-Unis, sachant que ceux-ci en exportent beaucoup en Suisse.

Cette dernière devrait aussi rappeler sa septième place sur les rangs des investisseurs étrangers aux Etats-Unis, soit au même niveau que l'Allemagne, devant la France.

La Suisse sur une liste de pays à surveiller

Les diplomates helvétiques se voudront sans doute prudents, car leur pays figure déjà sur une liste de six pays à surveiller, établie par le Trésor américain en octobre dernier. Ces Etats sont soupçonnés de jouer avec leur monnaie pour améliorer leur compétitivité.

L'administration Trump pourrait en effet s'appuyer sur ce rapport pour mener une offensive contre la Suisse.

Manque d'interlocuteurs

Le manque d'interlocuteurs représente un réel problème pour les diplomates. Les contacts les plus utiles ne sont pas directement les ministres eux-mêmes, mais leurs subordonnés, en charge des dossiers. Or, le nouveau gouvernement a tardé à les nommer.

À cela s’ajoute les positions variables de l'administration américaine qui ont déjà été chamboulées par une intuition ou une réaction du président.

>> Lire aussi: La politique protectionniste de Trump fait peur à des élus fédéraux

Philippe Revaz/hend

Publié le 14 février 2017 à 08:43 - Modifié le 14 février 2017 à 09:39