Modifié le 13 février 2017 à 09:30

L'opulente campagne de la droite incapable d'éviter l'échec de la RIE III

Les partisans de la RIE III ont diffusé un grand nombre d'affiches et d'annonces durant la campagne.
Les partisans de la RIE III ont diffusé un grand nombre d'affiches et d'annonces durant la campagne. [Anthony Anex - Keystone]
La campagne agressive de la droite pour la RIE III, largement rejetée dimanche, n'a pas suffi. Les partisans de la réforme avaient pourtant diffusé près de huit fois plus d'annonces que les opposants.

Dimanche, les Suisses ont balayé la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), défendue par le Conseil fédéral, le Parlement et la droite.

>> Lire: La RIE III en échec, oui aux naturalisations facilitées et à FORTA

Les partisans de la réforme - les formations de droite et Economiesuisse - ont pourtant diffusé près de huit fois plus d'annonces dans la presse que les opposants au projet. D'après une analyse de l'Année politique suisse, 921 publicités sont parues concernant la votation, et 813 d'entre elles soutenaient la RIE III (88%).

Dernières semaines mouvementées

Ces chiffres en font l'une des campagnes les plus intenses de ces dernières années, surtout lors des dernières semaines avant le vote.

Durant cette période, 794 annonces ont été publiées, soit le cinquième plus grand total sur les 45 objets en votation depuis 2013. Seules des campagnes comme celle sur l'initiative sur l'immigration de masse ou l'initiative pour un salaire minimum ont généré plus de publicités.

Influence controversée

Est-ce que ces campagnes publicitaires arrivent réellement à influencer les opinions et convaincre les électeurs? Concernant la RIE III, les annonces n'ont pas eu l'effet espéré. D'après l'Année politique suisse, l'intensité des campagnes n'a qu'un impact marginal sur le vote d'un citoyen.

"Si les camps des pro et des contre investissent de manière très inégale, comme c'est le cas avec la RIE III, cela ne veut pas nécessairement dire qu'un seul côté est mobilisé", expliquait l'APS avant la votation. Selon l'institut bernois, plus l'objet est technique, moins les opinions sont déjà forgées, et plus la campagne peut avoir de l'influence.

Pour Alain Rebetez, journaliste parlementaire, l'échec de la RIE III devant le peuple s'explique notamment par la prise de position de l'ancienne conseillère fédérale Evelyne Widmer-Schlumpf, la mère de la réforme, qui l'a désavouée.

>> L'analyse d'Alain Rebetez:

"Actuellement, le populisme ça marche!"
L'actu en vidéo - Publié le 12 février 2017

Valentin Tombez

Publié le 12 février 2017 à 16:44 - Modifié le 13 février 2017 à 09:30