Modifié le 09 février 2017 à 21:07

PS et PLR, la secrète alliance qui a réglé le vote du 9 février

Les tractations en coulisses qui ont réglé le vote du 9 février
Les tractations en coulisses qui ont réglé le vote du 9 février Info / 4 min. / le 09 février 2017
A fin 2015, quatre conseillers aux Etats parmi les plus puissants du Parlement ont formé l’alliance décisive pour appliquer l’initiative sur l’immigration de masse sans mettre en danger les bilatérales, selon une enquête de la RTS.

Ces quatre parlementaires ont décidé dans le plus grand secret d’allier le PS et le PLR pour trouver une solution au vote du 9 février. L'objectif était de ne pas introduire de contingents face à l’Union européenne et de miser sur la solution de la préférence à l’embauche des demandeurs d'emploi.

D'un côté de la table figuraient le président du Parti socialiste Christian Levrat et Paul Rechsteiner, le président de l’Union syndicale suisse. De l'autre se trouvaient Philipp Müller, alors président du PLR, et sa collègue de parti Karin Keller-Sutter, membre du comité de l'Union patronale.

"Contribution décisive"

Cette alliance s'est opposée à la stratégie du Conseil fédéral qui, le 4 décembre 2015, proposait l’introduction unilatérale de contingents en cas d’échec des négociations avec l’UE.

Si aucun des participants n’a voulu commenter cette réunion, Roger Nordmann, le chef du groupe parlementaire socialiste, souligne "qu’ils ont apporté une contribution décisive", notamment en excluant une alliance avec l’UDC.

Pour Karin Keller-Sutter, "si vous regardez l’histoire et la logique de la politique européenne, il était assez clair qu’il serait difficile de trouver un accord avec l’UDC".

Premier rôle pour le PLR

Les quatre conseillers aux Etats ont ensuite joué un rôle clé pour convaincre leurs groupes parlementaires de s’allier et d’imposer leur solution au Parlement. Le premier rôle a été joué par le PLR, le PS se tenant en retrait.

Détail intéressant: si la solution de la préférence indigène a émergé en début d’année 2016, elle était déjà évoquée dans une note de travail confidentielle signée le lendemain de la votation du 9 février 2014 par le Premier secrétaire de l’USS, Daniel Lampart. Celui-ci a été le premier à imaginer une application de l’initiative sans contingent et compatible avec l’accord sur la libre circulation des personnes.

Pierre Nebel/boi

Publié le 09 février 2017 à 19:01 - Modifié le 09 février 2017 à 21:07

Blocher dit oui, puis non

Le 17 mars 2016, des représentants de l’économie et de la droite bourgeoise se sont réunis dans les locaux de l’Union patronale à l’Amthausgässchen à Berne pour discuter d’un compromis pour appliquer l’initiative sur l’immigration de masse.

Parmi les participants à cette réunion confidentielle, on trouvait notamment Christoph Blocher, chef stratège de l’UDC, Philipp Müller, président du PLR et le président d’economiesuisse Heinz Karrer.

Quand Philipp Müller évoque la solution de la préférence indigène, Christoph Blocher répond de façon surprenante que "dans la mesure où cela signifierait un contrôle autonome [de l’immigration], nous pourrions être d’accord".

Par la suite, l’UDC finira pourtant par rejeter la solution défendue par le PLR. Un revirement déjà évoqué par la NZZ am Sonntag en novembre 2016.