Publié le 24 janvier 2017

Ce mois de janvier est le plus froid en Suisse depuis 30 ans

Le lac de Joux a gelé et les amateurs de glisse ont pu chausser leurs patins, ce 20 janvier 2017.
Le lac de Joux a gelé et les amateurs de glisse ont pu chausser leurs patins, ce 20 janvier 2017. [Leo Duperrex - keystone]
De nombreux lacs sont gelés, d'autres ont la surface transpercée par des blocs de glace. Ces phénomènes reflètent le grand froid qui règne en Suisse en ce mois de janvier 2017, le plus glacial depuis 30 ans.

Le mercure est resté au-dessous de 0 degré depuis 10 jours. Dans le Mittelland, par exemple, la moyenne des températures de janvier atteint -3 degrés, a indiqué mardi SRF Meteo. C'est plus de 3 degrés de moins que la moyenne à long terme, qui est de 0,3 degré.

Il faut remonter à 1987 pour trouver un mois de janvier plus froid. Une valeur record de -41,8 degrés avait été enregistrée à La Brévine (NE), alors que la température moyenne avoisinait -4,3 degrés en Suisse. Même avec les frimas de ce début 2017, le record sera difficile à battre: le mercure devrait remonter peu à peu en fin de mois et la série de jours sibériens prendre fin le week-end prochain.

Jet-stream plus faible

La météo en Suisse n'évolue à présent que très lentement, selon les spécialistes. D'après SRF Meteo, cela pourrait être un signe du changement climatique.

Dans l'Arctique, la glace manque aujourd'hui cruellement, car il y fait beaucoup plus chaud qu'auparavant. En conséquence, le jet-stream, courant aérien qui souffle de l'ouest vers l'est au-dessus de l'Atlantique, s'affaiblit et se déplace plus lentement. Il en va donc de même des conditions météorologiques.

Poissons et algues s'adaptent aux eaux glacés

Les poissons et les algues, eux, profitent des bienfaits de l'eau froide sous les surfaces glacées. "En hiver, l'air froid rafraîchit les couches supérieures des eaux lacustres, qui plongent mieux parce que l'eau froide est plus dense et donc plus lourde que l'eau chaude", explique Pascal Stucki, directeur du bureau d'étude en biologie des organismes aquatiques Aquabug à Neuchâtel.

Les poissons migrent vers le fond, où l'oxygène est le plus présent, poursuit Philipp Sicher, directeur de la Fédération suisse de pêche. "C'est aussi là qu'il fait le plus chaud: le fond des lacs ne descend jamais au-dessous de quatre degrés."

La glace fait en outre office d'isolant: "C'est surtout bon pour les algues, qui ont besoin de moins d'énergie parce qu'elles reçoivent peu de lumière et ne réalisent pas la photosynthèse", souligne Pascal Stucki.

ats/fme

Publié le 24 janvier 2017

Quatre degrés pour geler

Pour que la surface d'un lac gèle, le volume total des eaux doit atteindre quatre degrés. La surface peut alors seulement descendre à 0 degré et geler, détaille Daniel Gerstgasser, météorologue à MétéoSuisse.

La superficie du lac n'a pas d'importance dans le phénomène, contrairement à sa profondeur: "Plus le lac est profond, plus il a besoin de jours avec des températures au-dessous de 0 pour se refroidir et pour que la surface gèle", ajoute-t-il.

La "somme de froid" nécessaire est différente pour chaque lac, mais peut être aisément calculée. En additionnant les températures négatives moyennes de chaque journée hivernale, on peut estimer le moment où une couche de glace va se former. La glace doit atteindre une épaisseur de 12 cm pour pouvoir patiner dessus.