Modifié le 15 janvier 2017 à 21:46

Une vingtaine de "cold cases" occupent les polices romandes

Une vingtaine de crimes restent non élucidés en Suisse
Une vingtaine de crimes restent non élucidés en Suisse 19h30 / 4 min. / le 15 janvier 2017
En Suisse romande, les brigades criminelles comptent une vingtaine de dossiers dormants. La plupart concernent des meurtres non élucidés commis dans les années 1980. Retour sur deux cas emblématiques.

L'affaire Spitznagel

En 1999, un berger taciturne, Willy Spitznagel, est assassiné à Granvillard dans le canton de Fribourg. L’homme est retrouvé plusieurs mois après sa disparition, assassiné de plusieurs balles dans le dos.

C’est un montagnard aguerri qui retrouve le corps du malheureux, en faisant des travaux forestiers. "Ils avaient monté une fourmilière artificielle sur les corps", explique aujourd'hui Alois Brocard.

Dans ce coin privilégié, à l’abri du Moléson, cet assassinat traumatise toute la région, au point qu’aujourd’hui, les anciens rechignent à en parler. Qui a recouvert ce cadavre d’aiguille de pins? Qui pouvait bien en vouloir à ce personnage taciturne, qui passait ses étés dans cette maison avec ses petits enfants?

L'affaire sera classée faute de mobile et de preuve. Ni la police, ni le Ministère public ne souhaite évoquer les quatre années d’enquête infructueuses. Le meurtre de Willy Spitznagel demeure l'un des quatre meurtres non élucidés du canton de Fribourg depuis 1985.

L'affaire Sylvia

C'est à Genève que l'on trouve le plus d'affaires de meurtre non élucidées. On dénombre treize cas dont l’affaire Sylvia - le meurtre des falaises de Saint-Jean. Le 5 décembre 1988, une jeune Portugaise de 16 ans a été frappée à mort. Après 28 ans d’enquête, aucune piste n’a abouti malgré des centaines d’auditions, des tests ADN et le recours à des profilers.

Aujourd’hui, un an avant la prescription des faits, l’enquête se poursuit au Portugal avec de nouvelles analyses ADN. Mais le délai est court, estime Michel Gex, chef de la brigade criminelle: "si, six mois avant la prescription, on a des éléments qui identifient un auteur présumé et des preuves formelles, c'est une affaire qui ne pourra pas être jugée puisqu'il faut un certain temps pour instruire une affaire et l'amener au jugement".

Annabelle Durand

Publié le 15 janvier 2017 à 20:21 - Modifié le 15 janvier 2017 à 21:46