Modifié le 12 janvier 2017

Doris Leuthard: "On va voir si Donald Trump se calme un peu"

Doris Leuthard s'inquiète de l'attitude de Donald Trump
Doris Leuthard s'inquiète de l'attitude de Donald Trump L'actu en vidéo / 1 min. / le 12 janvier 2017
Présidente de la Confédération depuis 15 jours seulement, Doris Leuthard évoque sur la RTS son inquiétude quant à l'attitude de Donald Trump et dit sa fierté de recevoir son homologue chinois Xi Jinping dès dimanche.

La semaine prochaine, le président chinois Xi Jinping sera en Suisse pour une visite d'Etat et pour le World Economic Forum. Une visite très médiatique dont la "Suisse peut être fière", estime Doris Leuthard dans le Journal du matin.

Pour la présidente de la Confédération, on va aussi et surtout écouter un discours important de la Chine envers la planète au moment où les Etats-Unis ont un nouveau président. Et comme Donald Trump semble se diriger vers une politique protectionniste, la Chine aura la chance de montrer que c'est un pouvoir important et ouvert qui permet l'accès à son marché.

La manière d'agir de Trump est "inquiétante"

Concernant Donald Trump, l'Argovienne s'étonne de le voir agir comme un président en fonction alors que ce n'est pas encore le cas. Elle trouve également la manière d'agir du nouveau président américain "difficile" et "inquiétante" notamment à cause de ses nombreux tweets. "On va voir s'il change cette manière de gérer la politique, s'il se calme un peu ou si c'est vraiment sa manière de voir sa fonction", ajoute-t-elle.

La conseillère fédérale estime qu'il faut de la confidentialité dans les entretiens et que cette manière de communiquer n'est pas idéale et pourrait mener à une perte de confiance et à des incertitudes mauvaises pour l'économie, d'autant plus que les Etats-Unis ont un pouvoir important dans de nombreux secteurs, que ce soit l'économie ou les conflits dans le monde.

Economie et droits de l'homme avec la Chine

Concernant la visite d'Etat de Xi Jinping, Doris Leuthard juge qu'il est important pour Berne de soigner ses liens avec la Chine au moment où ce pays souhaite obtenir une nouvelle stature au niveau international. Economiquement aussi, ajoute-t-elle, il faut continuer à avancer dans les échanges avec Pékin et encourager les entreprises suisses à commercer avec la Chine, même s'il reste difficile de négocier avec le pays asiatique.

Alors que la visite d'Etat chinoise de 1999 avait été marquée par des manifestations de Tibétains qui avaient courroucé l'hôte asiatique, Doris Leuthard a indiqué sur la RTS que des mesures ont été prises pour que tout se passe bien, "même s'il faut accepter la liberté de s'exprimer".

>> Lire aussi: Les Tibétains manifesteront lors de la venue du président chinois à Berne

La conseillère fédérale entend d'ailleurs aborder la question des droits de l'homme avec son homologue chinois. "Ils savent que nous ne sommes pas contents de leur manière de respecter les droits de l'homme et notamment les droits des journalistes" et c'est à ses yeux le rôle de la Suisse de montrer que ce n'est pas idéal, tout en sachant qu'il est important que les hôtes chinois ne perdent pas la face.

>> L'intégralité de l'entretien:

L'invité de la rédaction - Doris Leuthard
L'invité de la rédaction - Publié le 12 janvier 2017
 

Frédéric Boillat

Publié le 12 janvier 2017 - Modifié le 12 janvier 2017

Sur la politique suisse

Concernant le référendum que va lancer un politologue sur la loi d'application du 9 février, Doris Leuthard juge que si le peuple suisse accepte la loi, c'est une forme de légitimation. Mais elle ajoute que c'est une période d'incertitude qui s'ouvre, bonne ni pour l'économie ni pour la population, et regrette que ce référendum fasse retarder les discussions avec l'Union européenne.

A propos de la stratégie énergétique 2050, on a appris jeudi que le référendum de l'UDC avait abouti. "Je me réjouis de ce débat parce que si on est contre un projet, il faut faire des propositions, ce que l'UDC n'a pas fait jusqu'à présent", assure la présidente de la Confédération. "Ce point me tient à coeur", ajoute-t-elle.