Modifié le 12 janvier 2017

Les grands clashs diplomatiques entre la Suisse et la Chine

Le 4 août 2005, Pascal Couchepin rencontre le dalaï-lama lors d'une visite en Suisse.
Le 4 août 2005, Pascal Couchepin rencontre le dalaï-lama lors d'une visite en Suisse. [Steffen Schmidt - Keystone]
La Suisse et la Chine entretiennent une longue amitié entremêlée de crises diplomatiques. Retour sur les trois derniers épisodes qui ont miné les relations entre Berne et Pékin avant la visite d'Etat du président chinois dimanche.

Dans un télégramme du 17 janvier 1950, le président suisse Max Petitpierre informait son homologue chinois Mao Tsé-Toung que la Confédération reconnaissait la République populaire de Chine. La Suisse était l'un des premiers pays occidentaux à le faire, comme le rappellent régulièrement les deux Etats.

Depuis ce télégramme, Berne et Pékin ont noué des liens, diplomatiques et surtout commerciaux, culminant avec l'accord de libre-échange signé en juin 2013. Mais l'amitié sino-suisse a aussi essuyé plusieurs crises, dont trois majeures au cours des 20 dernières années. Retour sur ces clashs.

1999: LA FUREUR DU PRÉSIDENT CHINOIS À BERNE

Le 14 mars 1999, le président chinois Jiang Zemin est sifflé par des manifestants pro-tibétains à son arrivée au Palais fédéral. Furieux, il refuse de participer à la cérémonie des honneurs militaires et ne salue pas les membres du Conseil fédéral qui l'attendent in corpore.

Dans son discours, il critique vertement les autorités suisses: "Est-ce que vous n'avez pas la capacité de gérer ce pays? (...) Aujourd'hui, vous avez perdu un ami".

>> Les images du président chinois en colère:

La fureur du président chinois à son arrivée à Berne
Info - Publié le 11 janvier 2017
 

Malgré l'interdiction de manifester, les Tibétains de Suisse se sont réunis devant le Palais fédéral pour huer le président chinois et demander le dialogue.

Un groupe, qui a préparé son coup d'éclat en secret, réussit à hisser des banderoles depuis le toit d'un bâtiment en face du Palais fédéral.

>> Les manifestants tibétains sur un toit en face du Palais fédéral:

Des manifestants tibétains sur toit en face du Palais fédéral
Info - Publié le 11 janvier 2017
 

2005: PASCAL COUCHEPIN RENCONTRE LE DALAÏ-LAMA

Le 4 août 2005, Pascal Couchepin salue, au nom du Conseil fédéral, la venue du chef spirituel des Tibétains à l'EPFZ et s'entretient avec lui.

Pour ménager Pékin, le gouvernement suisse décide de rencontrer le dalaï-lama uniquement en sa qualité de chef spirituel de la communauté bouddhiste tibétaine. La manoeuvre ne suffit toutefois pas à ne pas irriter le gouvernement chinois, qui multiplie les menaces en cas de rencontre officielle.

"Le dalaï-lama n'est pas un personnage purement religieux", affirme alors à swissinfo un porte-parole de l'ambassade de Chine en Suisse. "C'est un exilé politique engagé de longue date dans des activités sécessionnistes qui minent l'unité nationale sous le couvert de la religion."

>> Le sujet du 19h30 sur l'entrevue discrète:

Entrevue discrète entre le Dalaï-Lama et Pascal Couchepin
19h30 - Publié le 04 août 2005

C'est la dernière fois que le chef spirituel des Tibétains a été reçu par un conseiller fédéral. En 2009, le gouvernement suisse hésite puis renonce à le rencontrer lors de sa venue en Suisse, créant une polémique. Le dalaï-lama est finalement reçu à Lausanne par la présidente du Conseil national Chiara Simoneschi-Cortesi.

Nouveau refus en 2010. La ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey invoque alors "des raisons d'agenda". La communauté tibétaine en Suisse critique l'attitude du Conseil fédéral qui "ne peut s'expliquer que par les pressions exercées par Pékin".

2010: LE JURA ACCUEILLE DEUX OUÏGHOURS DE GUANTANAMO

Le 4 février 2010, après des semaines de tergiversations, le Conseil fédéral donne son aval à l'accueil de deux ex-détenus ouïghours de Guantanamo à titre humanitaire par le canton du Jura. Résultat: nouvelle crise avec Pékin, qui accuse les deux frères de terrorisme.

"Résolument opposée" à cette décision, l'ambassade de Chine à Berne explique qu'elle "ne correspond pas aux intérêts fondamentaux des deux pays". Peu avant, Pékin avait écrit à la ministre de la Justice de l'époque Eveline Widmer-Schlumpf pour l'avertir que, si la Suisse accueillait les deux frères, les relations sino-suisses seraient mises à mal.

>> Le sujet du 19h30 sur l'irritation de Pékin:

L'accueil par la Suisse de deux ex-détenus ouïghours de Guantanamo irrite les autorités chinoises
12h45 - Publié le 04 février 2010

Valentin Tombez

Publié le 12 janvier 2017 - Modifié le 12 janvier 2017

Les Tibétains pourront manifester dimanche

Les Tibétains en exil pourront manifester dimanche, le jour de la visite d'Etat du président chinois à Berne. Leur action se déroulera avant l'arrivée de Xi Jinping, à une centaine de mètres du Palais fédéral.

De dimanche matin à lundi après-midi, les accès à la Place fédérale, au Palais fédéral et à quelques ruelles des alentours seront bloqués. La patinoire sur la Place fédérale sera fermée. Berne fait tout pour que la visite se déroule sans incident.