Modifié le 17 novembre 2016 à 09:43

Le soutien à "Sortir du nucléaire" s'amenuise, selon le 2e sondage SSR

La centrale de Gösgen, dans le canton de Soleure.
Le soutien à "Sortir du nucléaire" s'amenuise, selon le 2e sondage SSR Forum / 3 min. / le 16 novembre 2016
A dix jours de la votation, les Suisses accepteraient encore de justesse l'initiative "Sortir du nucléaire", avec 48% de oui et 46% de non, selon le deuxième sondage SSR publié mercredi. La tendance penche vers un refus.

Le soutien à l'initiative anti-nucléaire des Verts a fondu. Le texte, qui affichait une avance de 21 points lors du premier sondage SSR, ne l'emporterait plus que de deux points si les Suisses avaient été appelés aux urnes le 6 novembre, d'après l'étude réalisée par gfs.bern.

"Les résultats actuels sont trop serrés pour permettre un pronostic", note l'institut, pour qui l'issue du scrutin reste ouverte. En tenant compte de la tendance, l'enquête d'opinion donne toutefois l'avantage au camp du non.

De plus, même si l'initiative obtient la majorité auprès du peuple, elle devra aussi obtenir celle des cantons pour entrer dans la Constitution.

Le non se renforce à droite

Le seul objet fédéral soumis au peuple le 27 novembre est marqué par plusieurs clivages, notamment les affinités politiques, le lieu de résidence et le sexe. La polarisation des intentions de vote entre partis s'est même accrue par rapport au premier sondage.

Si les sympathisants des partis de gauche demeurent clairement favorables à une sortie programmée du nucléaire, l'opposition s'est renforcée du côté des électeurs du PLR et de l'UDC. La chute des soutiens est particulièrement marquée chez les partisans du PLR, qui sont passés de 46% à 25% de oui.

Pour l'instant, seule la base du PDC (53% de oui, 37% de non) s'oppose aux recommandations du parti, défavorable au projet. Ce groupe, qui présente "le potentiel d'évolution le plus élevé de la campagne", montre toutefois un "infléchissement du oui vers le non", nuance gfs.bern.

Large soutien des femmes

Comme lors du premier sondage, les femmes soutiennent largement (56% de oui) le projet qui vise à fermer les installations nucléaires après 45 ans d'activité au plus. En revanche, les hommes se montrent clairement opposés à une sortie du nucléaire, avec 39% de oui et 56% de non.

Vers un röstigraben?

Enfin, les intentions de vote par régions linguistiques dévoilent toujours un possible röstigraben. Les sondés romands (53% de oui, 37% de non) donnent encore 16 points d'avance à l'initiative "Pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire". A l'opposé, les Alémaniques la rejettent, avec 50% de non et 45% de oui.

Refus "par principe"

Concernant les arguments, le plus convaincant (77%) en faveur de l'initiative auprès des sondés reste que la transition énergétique nécessite une sortie programmée. Cet argument ne polarise cependant pas, puisque les deux camps revendiquent "la volonté d'une sortie ordonnée de l'énergie nucléaire", note gfs.bern.

Du côté des opposants, c'est la perspective de devoir importer de l'étranger du courant de centrales à gaz ou à charbon qui motive le plus le rejet (63%). Et même si la majorité des sondés se disent davantage favorables aux arguments des partisans, "de nombreux électeurs de l'UDC et du PLR, ainsi que certains du PDC, veulent voter contre l'initiative par principe", ajoute l'institut.

>> La présentation du scrutin et les arguments: Les Suisses aux urnes pour décider de l'avenir des centrales nucléaires

Valentin Tombez

Publié le 16 novembre 2016 à 16:58 - Modifié le 17 novembre 2016 à 09:43

Méthodologie utilisée

Mandaté par la SSR, l'institut de recherche gfs.bern a réalisé son enquête d'opinion en vue de la votation du 27 novembre entre le 2 et le 9 novembre auprès de 1406 titulaires du droit de vote sélectionnés de manière représentative. La marge d'erreur est de +/-2,7%.

Le sondage SSR confronté à une enquête en ligne de Tamedia

Alors que le camp du oui s’effrite à 48% selon le deuxième sondage SSR, une enquête en ligne de Tamedia annonce mercredi qu'il reste stable à 57%.

Des différences importantes qui s'expliquent par les méthodes utilisées, précise le directeur de l’institut gfs.bern Claude Longchamp dans l'émission Forum. Chez Tamedia, 23'000 personnes ont participé au sondage en ligne, mais un tiers a dû être écarté, car les réponses étaient peu plausibles ou parce que les personnes répondent plusieurs fois, ajoute-t-il.

Claude Longchamp argumente également que les avis favorables aux initiatives de gauche ont toujours perdu du terrain entre la première et la deuxième vague des sondages, d'après son expérience.

Fabio Wasserfallen, l'un des deux politologues ayant réalisé le sondage pour Tamedia, a pour sa part indiqué à l'ats que plus de 60% des résultats des enquêtes en lignes du groupe de presse sont plus proches de la réalité que ceux de gfs.bern.

>> L’interview de Claude Longchamp dans Forum :