Modifié le 30 septembre 2016 à 19:24

L'âge de la retraite va passer à 65 ans pour les femmes en Suisse

Le Conseil national a pris la décision d'augmenter l'âge de la retraite des femmes à 65 ans
Le Conseil national a pris la décision d'augmenter l'âge de la retraite des femmes à 65 ans 12h45 / 1 min. / le 28 septembre 2016
Les femmes devront travailler jusqu'à 65 ans. Après les Etats, le National a accepté mercredi cette mesure de la réforme de la prévoyance vieillesse. L'idée d'une retraite à 67 ans si l'AVS est dans le rouge a aussi été acceptée.

Les femmes devront travailler un an de plus, a arrêté le National par 137 voix contre 57. La nouvelle règle s'appliquera dès la troisième année qui suit l'entrée en vigueur de la réforme et permettra d'économiser 1,2 milliard de francs d'ici 2030. "Cela ne doit pas se faire sur le dos des femmes ", a dénoncé la gauche.

Les femmes entre 55 et 63 ans seront particulièrement touchées, soit celles qui "ont arrêté de travailler pour s'occuper des enfants, ont connu le divorce et ne disposent pas d'une rente LPP assez grande pour compenser", a détaillé Yvonne Feri (PS/AG).

"Comme les femmes vivent plus longtemps, si on voulait vraiment être égalitaire, elles devraient travailler plus longtemps encore", a rétorqué Sebastian Frehner (UDC/BS).

Porte ouverte à la retraite à 67 ans

L'âge de la retraite pourrait augmenter à 67 ans. Le National a approuvé mercredi par 106 voix contre 90 un mécanisme de relèvement automatique si l'AVS est dans les chiffres rouges. Cette mesure devrait cependant être traitée à part.

Imposé par le PLR, les Vert'libéraux et l'UDC, ce mécanisme ferait augmenter automatiquement l'âge de la retraite de 4 mois par an au plus jusqu'à 67 ans si le fonds AVS ne couvre plus que 80% de ses dépenses et qu'aucune réforme n'est engagée.

Le National préfère cependant par 187 voix contre 9 traiter dans un projet à part ce mécanisme. Le Conseil des Etats devra encore donner son avis.

Il s'agit d'une sécurité "au cas où cette réforme n'est pas suffisante. Cette solution permet un assainissement durable de l'AVS", a défendu Thomas de Courten (UDC/BL). Cette "provocation" fustigée par la gauche, représente "la mise à mort de la réforme", a attaqué Louis Schelbert (Verts/LU).

>> Les explications de Pierre Nebel:

Introduction du nouveau mécanisme d’intervention dans l’AVS : les explications de Pierre Nebel, à Berne
12h45 - Publié le 28 septembre 2016

ats/cab

Publié le 28 septembre 2016 à 09:09 - Modifié le 30 septembre 2016 à 19:24

Retraite à la carte

La Chambre du peuple a également approuvé le principe d'une retraite à la carte, qui pourra être prise entre 62 et 70 ans. Le National a refusé par 121 voix contre 70 une proposition de Claude Béglé (PDC/VD) qui aurait voulu supprimer cette limitation.

Les travailleurs qui souhaitent s'arrêter avant 65 ans verraient leur rente AVS amputée de 6,37% par année anticipée, contre 6,8% actuellement.

Les gens qui veulent travailler au-delà de 65 ans recevront un bonus situé entre 5,2 et 31,5%. De plus, ils continueront à cotiser et pourront demander un nouveau calcul de leur rente AVS une fois arrivés à 70 ans.

En revanche, par 135 voix contre 60, le National n'a pas voulu faciliter la retraite anticipée pour les personnes usées par un travail pénible physiquement ou psychiquement, comme le demandait la gauche.

Les rentes du deuxième pilier seront plus faibles

Les futurs retraités toucheront moins de rente de leur prévoyance professionnelle. Après le Conseil des Etats et contre l'avis de la gauche, le National a accepté mercredi par 141 voix contre 51 de baisser le taux de conversion du capital en rente de 6,8% à 6%.

Cette mesure doit compenser l'allongement de l'espérance de vie et les faibles rendements sur le marché des capitaux. Actuellement, pour un avoir LPP de 100'000 francs, un retraité touche une rente annuelle de 6800 francs. Il ne recevra plus que 6000 francs avec le taux de conversion à 6%. L'abaissement se ferait en quatre ans à raison de 0,2% par an.