Modifié le 25 septembre 2016 à 21:05

L'initiative AVSPlus rejetée partout sauf dans cinq cantons latins

Votations fédérales - Non à AVSplus: une grande partie de la Suisse romande a soutenu cette initiative
Une grande partie de la Suisse romande a soutenu cette initiative 19h30 / 1 min. / le 25 septembre 2016
L'initiative populaire "AVSPlus: pour une AVS forte" des syndicats et de la gauche a été rejetée dimanche par 59,4% des votants. Elle n'a reçu le soutien que de quatre cantons romands et du Tessin.

Le texte n'a convaincu que 921'200 personnes. Un peu plus de 1,34 million ont glissé un non dans l'urne.

>> Le suivi de la journée: Non à AVSPlus et à l'Economie verte, loi sur le renseignement plébiscitée

Les seuls cantons qui ont soutenu l'initiative se trouvent en Suisse latine. Le Jura la plébiscite à 59,5%, Neuchâtel à 54%, Genève à 53,6%, le Tessin à 53,4% et Vaud du bout des lèvres, à 50,3%.

>> Les résultats par commune:

Bâle-Ville rejette le texte de justesse (50,9%). Le Valais s'y oppose à 59%, le canton de Fribourg à 57,2% et celui de Berne à 60,2%. Le refus le plus prononcé vient du demi-canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures, avec 77,7% de "non", suivi des petits cantons de Suisse centrale: Obwald (75,1%), Nidwald (73%) et Schwyz (71,8%).

Une hausse de 10%

L'initiative populaire voulait relever les rentes de 10%. Un retraité vivant seul aurait ainsi reçu entre 1400 et 2800 francs de plus par an et un couple maximum 4200 francs. Elle aurait coûté 4,1 milliards de francs en tout. Pour financer cela, les initiants voulaient relever les cotisations de 0,4% à charge des salariés et autant des employeurs.

La droite et le Conseil fédéral ont dénoncé avec succès une solution trop chère. L'augmentation de la rente s'ajouterait au déficit dont souffre déjà l'AVS, lequel atteindrait 12,5 milliards de francs à l'horizon 2030. Les opposants préfèrent miser sur la réforme de la prévoyance vieillesse, actuellement traitée par le Parlement (lire encadré).

>> Le débat entre les conseillers nationaux Dominique de Buman (PDC/FR) et Jean-François Steiert (PS/FR) sur La Première:

Dominique de Buman et Jean-François Steiert.
Keystone
Emission spéciale de l'Info - Publié le 25 septembre 2016

ats/jgal

Publié le 25 septembre 2016 à 16:02 - Modifié le 25 septembre 2016 à 21:05

Le projet de réforme des retraites en discussion

Le Conseil national se penchera pour la première fois sur ce dossier lundi. Sa commission préparatoire a épousé les vues patronales, en proposant une augmentation automatique de l'âge de la retraite à 67 ans et des économies très peu compensées. Elle refuse aussi de mélanger les piliers et a biffé le bonus de 70 francs prévu par les sénateurs pour tous les nouveaux rentiers AVS.

Le projet initial prévoit de garantir les prestations via notamment un relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, un abaissement des rentes du 2e pilier et une augmentation de la TVA de 1,5 point.

Le Conseil des Etats a déjà remodelé le paquet l'an dernier: il veut revaloriser le 1er pilier pour compenser la baisse des rentes de prévoyance professionnelle qui s'explique par une réduction (de 6,8% à 6%) du taux de conversion du capital en rente.

Situation clarifiée avant les débats au Conseil national

Par leur "non" au texte des syndicats et de la gauche, les Suisses ont indiqué qu'ils rejetaient des rentes plus élevées que maintenant, a estimé le conseiller fédéral Alain Berset.

"La population est consciente des problèmes de la retraite, mais elle préfère un juste milieu", a-t-il ajouté, défendant sa réforme de la prévoyance vieillesse, actuellement aux mains du Parlement.

"Après la votation, c'est avant les débats", a résumé le ministre des assurances sociales, rappelant les discussions qui se dérouleront dès ce lundi à la Chambre du peuple. Pour lui, il était important de clarifier le sort de l'initiative avant ces débats. "Mais je ne suis pas certain que le résultat aura une immense influence sur les décisions du National", a-t-il précisé.

>> Ecouter l'interview d'Alain Berset dans Forum: