Modifié le 20 septembre 2016 à 08:27

La stratégie énergétique 2050 est bien moins ambitieuse que promis

Le Conseil des États a bouclé la Stratégie énergétique 2050
Le Conseil des États a bouclé la stratégie énergétique 2050 19h30 / 2 min. / le 19 septembre 2016
Production du courant vert plus modeste et mesures adaptées aux entreprises: le virage vers une Suisse sans atome sera modéré. La stratégie énergétique 2050 adoptée lundi aux Etats est moins révolutionnaire que le projet initial.

Après le National, le Conseil des Etats a mis lundi la dernière main à ce volumineux paquet en éliminant les dernières divergences. Cinq ans après Fukushima, la réforme de Doris Leuthard a pris un tout autre visage. Les parlementaires bourgeois ont finalement préféré ne pas toucher aux centrales nucléaires.

Sur les cinq en fonction, seule Mühleberg sera débranchée par son exploitant, les BKW, qui ne la juge plus assez rentable. Les autres ne pourront pas être remplacées une fois débranchées.

La production d'énergie verte a été revue à la baisse. Des 11'500 gigawatts (GW) d'ici 2035 prévus initialement, la barre a été descendue à 11'400 GW. Un objectif jugé plus réaliste par la droite.

Contribution des consommateurs

La production de courant propre sera davantage soutenue, grâce notamment aux consommateurs, qui devront mettre la main au porte-monnaie. La taxe d'incitation va augmenter à 2,3 centimes par kilowattheures (kWh). De quoi soutenir davantage d'installations solaires en attente d'une aide financière.

Adieu aussi aux appareils ménagers gourmands en énergie ou aux pelouses arrosées pendant des heures. D'ici 2035, chaque Suisse devra réduire sa consommation d'énergie annuelle pour atteindre 43% de moins qu'en 2000. Et il ne faudra pas oublier d'éteindre la lampe derrière soi: la consommation d'électricité devra baisser de 13%.

Soutien à Alpiq et Axpo

Par ailleurs, les grands barrages hydrauliques, pas prévus initialement dans le projet, repartent avec une belle part du gâteau. Volant au secours d'Alpiq, d'Axpo et des autres exploitants souffrant des bas prix de l'électricité, les parlementaires leur ont accordé une prime de 1 ct/kWh hors TVA. Ce soutien doit durer six ans.

Les parlementaires ont également renoncé à augmenter la taxe CO2. Par contre, les voitures devront devenir plus propres et s'aligner sur les normes européennes. Pas plus de 95 grammes de CO2 émis d'ici à fin 2020, et des amendes en cas de désobéissance.

Enveloppe pour assainir les bâtiments

Les économies d'énergie passeront également par l'assainissement des bâtiments. La Confédération allouera une plus grosse enveloppe à son programme spécial. Pour inciter les propriétaires à rénover leur bien, les Chambres fédérales leur ont accordé des déductions fiscales, valables pendant deux ans. Mais sans y mettre trop de conditions: les propriétaires ne seront pas obligés d'utiliser les énergies renouvelables, ni de rendre leur bâtiment économe.

Le peuple devra de toute façon se prononcer sur l'initiative des Verts pour sortir du nucléaire le 27 novembre. Un éventuel référendum sur la stratégie énergétique n'aura pas lieu avant mai 2017. Les premières mesures devraient entrer en vigueur en janvier 2018.

ats/fme

Publié le 19 septembre 2016 à 16:50 - Modifié le 20 septembre 2016 à 08:27