Modifié le 19 septembre 2016 à 12:00

Le nouveau visage de l'immigration italienne en Suisse

Les Italiens forment à nouveau la plus importante communauté étrangère de Suisse
Les Italiens forment à nouveau la plus importante communauté étrangère de Suisse 19h30 / 4 min. / le 18 septembre 2016
Confrontés à la crise, les Italiens sont de plus en plus nombreux à suivre l'exemple des générations précédentes et à venir en Suisse. Mais à la différence de leurs aînés, ces immigrés sont souvent hautement qualifiés.

Les Italiens représentent à nouveau la plus grande communauté étrangère de Suisse, avec 313'725 résidents permanents fin 2015, soit 15,7% des étrangers établis dans le pays, selon les chiffres du Secrétariat d'Etat aux migrations. Ils devancent les 301'548 Allemands (15,2%) et les 268'067 Portugais (13,4%).

Surtout, l'immigration italienne, qui touche toute la Suisse, a doublé ces dernières années. Soutenue par la libre circulation des personnes, elle est passée de 14'111 en 2009 à 28'467 l'an dernier.

Nouveau profil

Chercheurs, ingénieurs, architectes, les nouveaux immigrés italiens n'ont pas le même profil que ceux de l'époque de leurs grands-parents. D'après le Secrétariat d'Etat aux migrations, trois quarts des Italiens résidants en Suisse travaillent désormais dans le tertiaire et un quart dans l'industrie.

"Par rapport aux années 1980, on voit que le nombre de personnes avec de faibles qualifications a diminué de moitié et celui des personnes avec une formation tertiaire a été multiplié par quatre. L'Italie subit une crise économique assez importante, donc les personnes avec des hauts niveaux de qualifications ne trouvent pas de place de travail relativement sûre et stable", explique Rosita Fibbi, chercheuse au Forum des migrations de l'Université de Neuchâtel.

Les nouveaux Italiens sont donc diplômés, mobiles, carriéristes, souvent en provenance du nord du pays. En outre, la plupart cherche à s'établir avec leur famille. Tout le contraire de l'immigration des années 1960, où beaucoup venaient du sud, sans qualification, comme saisonnier.

Anne Fournier/vtom

Publié le 18 septembre 2016 à 19:27 - Modifié le 19 septembre 2016 à 12:00