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Le PS défend la solution de mise en œuvre du 9 février face aux syndicats

Roger Nordmann, président du groupe socialiste aux Chambres fédérales. [Lukas Lehmann - Keystone]
Le PS défend la solution de mise en œuvre du 9 février face aux syndicats / Forum / 15 min. / le 6 septembre 2016
Le Parti socialiste, qui soutient la solution parlementaire avancée pour mettre en œuvre l'initiative "contre l'immigration de masse", fâche les syndicats. "On a réussi à stabiliser la situation", se défend Roger Nordmann.

La commission des institutions politiques du Conseil national a livré vendredi dernier sa recette pour mettre en oeuvre l'initiative UDC "contre l'immigration de masse", acceptée le 9 février 2014. La solution choisie est la préférence indigène, par branche et par canton.

Cette version imaginée par le centre-droit est soutenue par la gauche, Parti socialiste en tête, qui s'est félicité d'un "bon compromis" menant à "une meilleure protection des travailleurs indigènes".

Pas de mesures d'accompagnement supplémentaires

Mais les syndicats, de leur côté, déplorent une mise en oeuvre certes sans contingents mais surtout sans mesures d'accompagnement supplémentaires comme le renforcement des contrôles, des sanctions durcies contre le dumping ou encore une meilleure protection des travailleurs âgés. "Une grave lacune", affirme notamment UNIA.

Le Parti socialiste souhaitait surtout reconduire une grande alliance allant des Verts au PLR pour isoler l'UDC. La question des mesures d'accompagnement n'était pas bien accueillie au centre-droit et pouvait conduire au référendum du parti de Christoph Blocher, ce dont ce camp-là se passe finalement assez volontiers.

"Les socialistes se sont fait avoir"

Côté syndical, on regrette hors micro que le PS n'ait pas conditionné son soutien à au moins l'une ou l'autre mesure d'accompagnement supplémentaire - quitte à menacer de s'allier à l'UDC, ce qui ferait capoter le projet de mise œuvre. "Ils se sont fait avoir", entend-on en "off".

"Non, pas du tout", a répliqué le président du groupe socialiste aux Chambres fédérales Roger Nordmann mardi dans l'émission Forum. "Mais évidemment la situation est difficile et on n'est pas encore contents du résultat, c'est clair", reconnaît-il.

Situation politique débloquée

Le PS, rappelle le conseiller national vaudois, avait trois objectifs pour sortir de l'impasse: "La première, c'était de pouvoir sauver les accords bilatéraux parce qu'on a besoin de rapports réglés avec l'Europe. La deuxième, c'était de sauver les mesures d'accompagnement existantes (…) La troisième, c'était une amélioration aussi de la mise en œuvre des mesures d'accompagnement. Et là, c'est vrai que le résultat n'est pas encore satisfaisant. Mais on a quand même réussi à débloquer une situation politique qui était dans une impasse (…) En l'état, on a réussi à stabiliser la situation".

Il faudra maintenant voir la suite en plénum, souligne Roger Nordmann. "A mon avis le référendum de l'UDC est assez probable et je m'en réjouis parce qu'il permettra de légitimer cette solution."

>>> Lire aussi: L'UDC pourrait lancer une initiative pour dénoncer la libre circulation

Alliance avec l'UDC jugée "illusoire"

A propos d'une hypothétique alliance contre nature avec l'Union démocratique du centre pour protéger les salariés contre le dumping, le chef de groupe parle d'une idée "complètement illusoire". Pour Roger Nordmann, "c'est le cadet des soucis de l'UDC. On aurait pu embrasser l'UDC et se jeter du pont les deux ensemble, mais ça n'avait aucun sens."

La solution élaborée en commission permet aussi de ratifier l'extension de la libre circulation à la Croatie, ajoute encore le conseiller national vaudois, "et donc de sauver les programmes de recherche Horizon 2020 qui sont très importants pour les échanges étudiants et la recherche scientifique."

Thibaut Schaller/oang

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