Modifié le 02 septembre 2016 à 07:10

La Suisse compte encore près de 38'000 sites pollués à assainir

L'assainissement de la décharge industrielle de Bonfol est officiellement terminé.
La Suisse compte encore près de 38'000 sites pollués à assainir Le Journal du matin / 2 min. / le 02 septembre 2016
Alors que l'assainissement de la décharge jurassienne de Bonfol s'achève vendredi, de nombreux autres sites pollués restent encore à nettoyer en Suisse. On en décompte 38'000, dont d'autres grosses décharges.

La chimie bâloise doit annoncer officiellement la fin de l'excavation des déchets enfouis entre 1961 et 1975 à Bonfol. Il aura fallu un peu plus de seize ans pour mener à bien l’assainissement de cette décharge industrielle jurassienne. C’est le temps qui s'est écoulé entre la décision politique d’évacuer les 114'000 tonnes de matériaux, prise en 2000, et la fin de leur extraction.

Mais la Suisse compte encore aujourd’hui près de 38'000 sites pollués - comme des anciennes décharges, des sites industriels ou des stands de tir (dont 4000 sont contaminés et nécessitent donc un assainissement). Parmi ces sites figurent  quelques décharges dont le nettoyage est estimé à plus de 100 millions de francs.

Autres décontaminations achevées en 2016

On est aujourd'hui sur la bonne voie, estime Christiane Wermeille, cheffe de la section Sites contaminés à l’Office fédéral de l’environnement. Les cantons ont mis désormais le traitement de ces gros sites contaminés dans leurs priorités. Et "cette année 2016 a aussi marqué la fin de l'assainissement de l'ancienne décharge du Pont Rouge à Monthey ou de la décharge de déchets spéciaux de Kölliken", rappelle-t-elle.

Pour les autres grosses décharges, les projets sont actuellement en cours: ils en sont soit au stade de l'analyse de la variante optimale d'assainissement, soit au stade du projet d'assainissement. Sont notamment concernées la décharge de Feldreben à Muttenz dans la région bâloise, celle de La Pila à Hauterive dans les environs de Fribourg, et celle de Stadtmist à Soleure.

Les milieux écolos sur leurs gardes

Dans les milieux de défense de l’environnement, on surveille de manière très attentive les différentes démarches. "Il y a le risque que les administrations ne mettent plus vraiment le doigt sur ces choses, qu'il reste des décharges qui ne vont pas être vraiment assainies", avertit le Bâlois Martin Forter, spécialiste des décharges. Il appelle les autorités à suivre les exemples de Kölliken, Bonfol ou du Pont Rouge.

Martin Forter ajoute que dans le cas de Bonfol, il faudrait encore nettoyer les parties sableuses qui restent dans le socle de la décharge afin d’effacer définitivement les erreurs commises dans les années 60.

Gaël Klein/oang

Publié le 02 septembre 2016 à 06:54 - Modifié le 02 septembre 2016 à 07:10