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"La burqa est un prétexte pour s’en prendre à l'islam"

Martine Brunschwig Graf, présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR). [Peter Schneider - Keystone]
Martine Brunschwig Graf, présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR). [Peter Schneider - Keystone]
L'initiative anti-burqa de la droite dure est un prétexte pour s'attaquer à l'islam, estime la présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR), Martine Brunschwig Graf.

"Les visages cachés me gênent, mais la question ne doit pas nécessairement faire l'objet d'une interdiction. En France, cela n'a rien résolu", argumente Martine Brunschwig Graf dans une interview aux quotidiens Tribune de Genève et 24 heures publiée mardi.

Cette question est intéressante et tout débat est légitime, y compris sur la place de l'islam en Suisse, poursuit la présidente de la Commission fédérale contre le racisme. Le problème, c'est que le débat actuel sert de tremplin aux politiciens, il n'y a aucune place pour la nuance. "Nous avions déjà vécu cette situation avec l'initiative contre les minarets."

Il y a de plus une confusion entre religion et terrorisme. Et cette confusion doit être combattue. Car elle peut entraîner des dérapages et des discriminations. "Il suffit de regarder les discussions sur les réseaux sociaux pour voir que les discours se libèrent (...) Certains vont jusqu'à dire que porter le niqab revient à cautionner le terrorisme."

ats/cab

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Argument féministe "naïf"

Aux yeux de Martine Brunschwig Graf, l'argument féministe est au mieux "naïf". Une interdiction en Suisse ne fera pas avancer la cause de la femme en Arabie saoudite ou ailleurs.

"Surtout quand on entend certains dire qu'il faudra des passe-droits pour les touristes".

Le débat sur le burkini dépasse lui aussi les bornes, affirme encore l'ancienne conseillère nationale et conseillère d'Etat genevoise libérale.

"Le burkini permet aux femmes d'aller à la plage, donc de se libérer, et non l'inverse."