Modifié le 10 août 2016 à 12:32

La Suisse et l’Italie violeraient le droit des enfants à la frontière tessinoise

Les migrants mineurs présents à Côme préoccupent Amnesty.
La Suisse et l’Italie violeraient le droit des enfants à la frontière tessinoise Le Journal du matin / 2 min. / le 10 août 2016
Au moins 80 migrants mineurs non accompagnés ont été refoulés à la frontière suisse et campent dans un parc en face de la gare de Côme, en Italie. Le traitement de ces mineurs par les autorités suisses est dénoncé.

Environ 400 migrants - mineurs ou adultes - dorment depuis un mois dans un camp improvisé dans la ville italienne de Côme, tout près de la frontière suisse. La situation de ces mineurs a été dénoncée par une députée tessinoise socialiste.

>> Lire aussi: La situation des migrants bloqués aux portes du Tessin préoccupe toujours plus

Qu'ils aient un parent établi en Suisse ou qu’ils souhaitent traverser le pays pour rejoindre un parent en Allemagne, rien n'y fait. Pour Denise Graf, responsable asile auprès de l'ONG Amnesty International, cette situation viole la convention relative aux droits de l'enfant. "C'est vraiment grave que la Suisse ne tienne pas compte de l'intérêt supérieur de l'enfant pour faire en sorte qu'ils puissent, le plus vite possible, rejoindre les membres de leur famille en Suisse ou ailleurs."

"Attribuer un tuteur"

Confrontée à ces accusations, la direction des douanes, à Berne, répond qu'en vertu des accords de réadmission vers l'Italie, les personnes qui ne remplissent pas les critères d'entrée en Suisse doivent être refoulées. Elle précise encore que c'est valable aussi bien pour les adultes que pour les mineurs.

Cette interprétation est contestée par la socialiste Cesla Amarelle. "Même si on renvoie une personne, à juste titre, il faut quand il s'agit de mineurs avoir un regard particulier sur l'enfant. De toute façon, quelle que soit la décision qui est prise par l'enfant, il faut qu'il soit accompagné d'une personne de confiance. Et c'est là où l'Etat italien et l'Etat suisse, à ma connaissance, pèchent. C'est qu'ils n'ont pas attribué de tuteurs ou de personnes de confiance à ces 80 mineurs non accompagnés."

"Eviter un bidonville aux portes de la Suisse"

La conseillère nationale vaudoise veut maintenant porter ces cas devant la commission des institutions politiques, qui se réunira à la fin du mois. Elle veut éviter un bidonville aux portes de la Suisse. "Toutes les expériences nous ont démontré que sur la durée ces zones de transit improvisées vont créer des immenses bidonvilles."

>> L'interview de Cesla Amarelle dans le Journal du matin:

La conseillère nationale socialiste vaudoise Cesla Amarelle.
Marcel Bieri - Keystone
Le Journal du matin - Publié le 10 août 2016

Muriel Ballaman/lgr

Publié le 10 août 2016 à 10:45 - Modifié le 10 août 2016 à 12:32