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Cinq objets au menu des votations fédérales dimanche

Cinq objets sont soumis au vote le 5 juin. [Keystone]
Cinq objets sont soumis au vote le 5 juin. [Keystone]
Les Suisses se prononcent dimanche sur les initiatives "vache à lait", pour un revenu de base inconditionnel et pour le service public, ainsi que sur la procréation médicalement assistée et la loi sur l'asile.

Le programme de ce deuxième dimanche de votations de l'année est chargé avec pas moins de cinq objets fédéraux.

- Initiative populaire "pour un revenu de base inconditionnel"

La révolution numérique et la robotisation du travail menace de nombreux emplois, selon un groupe de citoyens indépendants qui a relancé l'idée d'instaurer en Suisse un revenu de base inconditionnel (RBI). Le texte, soumis au verdict du peuple, ne précise pas le montant ni le mode de financement, mais les initiants articulent le montant de 2500 francs par mois.

Sur la base de ces chiffres, la Confédération a calculé un coût total de 208 milliards de francs par an. Selon les opposants, des économies ou des hausses d'impôts massives seraient inévitables. Parallèlement à l'argument financier, les anti-RBI prédisent également un affaiblissement de l'économie helvétique en raison d'un recul du taux d'activité et de la performance économique.

>> Lire: Un revenu de base pour tous, utopie folle ou révolution géniale?

- Modification de la loi sur l'asile

Approuvée en 2015 par le Parlement, la révision de la loi sur l'asile veut raccourcir les procédures, que ce soit pour un renvoi en cas de réponse négative ou pour une insertion sur le marché du travail en cas de réponse positive. La révision de la loi est défendue par le Conseil fédéral et la majorité des partis. Selon eux, même si quelque 500 millions de francs seront nécessaires pour adapter le secteur de l'asile, cette nouvelle loi devrait ensuite permettre une économie de 200 millions de francs annuels.

Pour l'UDC, qui a lancé le référendum contre cette révision, la nouvelle loi est contreproductive dans la mesure où elle risquerait d'attirer de nombreux nouveaux demandeurs d'asile dans un contexte où plusieurs pays européens ferment leurs frontières.

>> Lire: Les Suisses votent sur des procédures d'asile accélérées

- Initiative populaire "en faveur du service public"

L'initiative "en faveur du service public" vise à mettre fin au "démantèlement du service public", selon les termes du comité "Pro Service Public". Pour ce faire, les initiants - au premier rang desquels figurent les organisations de consommateurs Bon à savoir, K-Tipp et Spendere Meglio - veulent interdire à l'Etat de fixer un but lucratif aux sociétés assurant des prestations de service public.

Les opposants jugent que le texte ne renforcera pas les services publics, mais les affaiblira, car il réduira la marge de manoeuvre et la compétitivité dont bénéficient Swisscom, les CFF et La Poste. La crainte est d'autant plus forte que le comité d'opposition ne voit pas d'intérêt à changer un système qualifié d'"excellent" en comparaison internationale.

>> Lire: Les magazines de consommateurs au front pour défendre le service public

- Initiative populaire "pour un financement équitable des transports"

La principale exigence de l'initiative dite "vache à lait" est l'affectation de l'ensemble du produit de la taxe sur les carburants - environ 3 milliards de francs - à la route. A l'heure actuelle, 50% de cette somme y est consacrée, l'autre moitié étant versée aux ressources générales de la Confédération.

Le Conseil fédéral, de son côté, estime que cette initiative nuirait au système actuel et mettrait en danger les finances de la Confédération. Pour assurer les investissements dans le domaine routier, le gouvernement mise plutôt sur le Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA), actuellement en discussion au Parlement. Cette solution, financée d'une part par les usagers de la route et d'autre part par la Confédération, est présentée comme "réellement équilibrée et équitable".

>> Lire: L'initiative "vache à lait" des milieux routiers soumise au peuple suisse

- Modification de la loi sur la procréation médicalement assistée

Selon la modification prévue, les couples porteurs d'une maladie héréditaire grave ou qui ne peuvent pas avoir d'enfant par voie naturelle pourront effectuer une analyse génétique des embryons issus d'une fécondation artificielle avant leur implantation dans l'utérus de la mère. Cette pratique, appelée diagnostic préimplantatoire (DPI), a été acceptée par les Suisses en juin 2015.

Un an plus tard, les adversaires au DPI reviennent à la charge. Ils craignent en particulier que cette révision n'entraîne une extension éthiquement inacceptable des analyses génétiques sur des embryons humains. Les opposants redoutent notamment que la nouvelle loi conduise au dépistage chromosomique généralisé, ouvrant ainsi la voie à l'eugénisme. Ils jugent aussi de telles pratiques stigmatisantes pour les personnes handicapées.

>> Lire Le diagnostic préimplantatoire à nouveau soumis au verdict des urnes

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