Modifié le 22 mai 2016 à 03:36

Les chômeurs vivant à l'étranger ont touché 200 millions de la Suisse en 2015

En 2015, la Suisse a versé 200 millions de francs à des chômeurs domiciliés à l’étranger
En 2015, la Suisse a versé 200 millions de francs à des chômeurs domiciliés à l’étranger 19h30 / 2 min. / le 21 mai 2016
La Suisse a versé l'an dernier quelque 200 millions de francs à des chômeurs domiciliés à l'étranger. Une pratique imposée par une directive européenne qui surprend le monde politique.

D'après une enquête de la télévision alémanique, près de 27'000 personnes résidant à l'étranger et qui ont travaillé en Suisse, en premier lieu des frontaliers, ont bénéficié de cette possibilité en place depuis quatre ans, dont 1700 Portugais.

Ces derniers ont touché environ 2500 francs de la part de la Suisse pour leur hiver chômé au pays. "Pour moi cette situation est parfaite; je peux passer l'hiver dans ma famille avant de revenir en Suisse au printemps", témoigne Adelino Freitas Sampaio, travailleur agricole neuf mois par année dans le canton de Fribourg.

L'UDC mécontente

La situation ne plaît guère à l'UDC, d'autant que la Confédération avait fortement sous-estimé ces coûts. "Il faudra qu'on m'explique en quoi on respecte l'égalité de traitement entre l'immense majorité des chômeurs de ce pays et cette espèce de petite caste de privilégiés qui nous coûtent la bagatelle de 200 millions alors qu'on cherche de l'argent dans nos budgets", a dénoncé au micro de la RTS le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS).

Pour la socialiste vaudoise Cesla Amarelle, le principe de ces allocations ne pose pas de problème, à condition que les bénéficiaires cherchent un emploi chez eux. "Il faudra, dans le cadre des mesures d'accompagnement, bien contrôler que cette 'clause d'exportation' soit correctement appliquée dans les pays européens comme l'Allemagne, la France, l'Italie ou le Portugal", a averti l'élue vaudoise, ajoutant qu'il faut "faire en sorte que les travailleurs en question cherchent bien du travail dans leur pays de résidence".

Linda Bourget/gchi

Publié le 21 mai 2016 à 22:27 - Modifié le 22 mai 2016 à 03:36