Modifié le 09 mai 2016 à 16:24

Au regard d'une expertise, l'asile des Erythréens pourrait être ajusté

"L'ouverture n'a pas eu lieu" a déclaré Mario Gattiker dans une interview publiée lundi dans les quotidiens alémaniques TagesAnzeiger et Bund.
"L'ouverture n'a pas eu lieu" a déclaré Mario Gattiker dans une interview publiée lundi dans les quotidiens alémaniques TagesAnzeiger et Bund. [KEYSTONE/Lukas Lehmann - DR]
Les Erythréens qui ont fui illégalement leur pays "risquent d'être torturés et emprisonnés" en rentrant chez eux, a déclaré lundi Mario Gattiker, secrétaire d'Etat aux migrations (SEM).

Cette constatation ressort d'une enquête d'experts de l'asile du SEM après un voyage de reconnaissance de deux semaines en mars. Sur mandat de la Confédération, les spécialistes devaient "examiner la possibilité d'améliorer la collaboration avec l'Erythrée en matière de migration".

L'Erythrée menace encore et toujours les Erythréens "qui ont quitté leur pays illégalement ou qui ont échappé au service national militaire". Le service militaire peut parfois  s'étendre sur plusieurs années voire décennies en Erythrée.

>> Lire aussi: Entre 150 et 300 réfugiés érythréens arrivent chaque jour en Ethiopie

Zone d'ombre

"Le dialogue n'est pas encore arrivé au point où l'on peut entrer dans les détails. Les preuves concernant une amélioration des droits humains continuent de manquer", explique Mario Gattiker.

En outre, les experts n'ont pas pu vérifier si la Convention des Nations unies contre la torture, signée l'an passé par l'Erythrée était respectée dans le pays. En effet, ils n'ont pas eu accès aux installations militaires et prisons.

agences/mcat

Publié le 09 mai 2016 à 16:20 - Modifié le 09 mai 2016 à 16:24

Ajustements en matière d'asile

Toutefois, les spécialistes du SEM ont pu rassembler "un grand nombre d'informations" notamment sur "l'état de l'économie ou du système éducatif", selon M. Gattiker.

Le secrétaire d'Etat aux migrations n'exclut d'ailleurs pas certains ajustements de la pratique en matière d'asile.

Sanctions excessives

Si la situation des droits humains est le principal facteur, les jeunes Erythréens quittent aussi le pays en raison de "l'absence de perspectives économiques".

En matière de droit d'asile, le fait que les réfugiés érythréens qui retournent au pays risquent des sanctions excessives est déterminant, estime M. Gattiker.