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L'UEFA perquisitionnée suite aux révélations des "Panama Papers"

La police fédérale a perquisitionné le siège de l'UEFA suite aux révélations des "Panama Papers". [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Fedpol perquisitionne le siège de l'UEFA suite aux révélations des Panama "Papers" / Forum / 2 min. / le 6 avril 2016
La police suisse a perquisitionné mercredi le siège de l'UEFA à Nyon pour obtenir des contrats d'attribution de droits TV, cités dans le scandale "Panama Papers". Une enquête pénale est ouverte en Suisse.

Dans un communiqué, l'UEFA indique "avoir reçu aujourd'hui la visite de la police fédérale suisse agissant en vertu d'un mandat et demandant à voir les contrats entre l'UEFA et Cross Trading/Teleamazonas", concernant l'attribution de droits télévisés de la Ligue des champions.

Ces contrats ont éveillé des soupçons concernant le nouveau président de la FIFA Gianni Infantino, ont révélé les médias participants aux "Panama Papers".

>> Lire: Les "Panama Papers" mettent en cause le président de la FIFA Gianni Infantino

Enquête pénale ouverte

Contacté par la RTS, le Ministère public de la Confédération (MPC) a confirmé avoir agi dans le cadre d’une procédure pénale au siège de l’UEFA. Une perquisition "auprès d'une autre société" est également évoquée.

Le MPC base son intervention sur un "soupçon de gestion déloyale et éventuellement d'abus de confiance". L’enquête pénale du MPC est en relation avec l’acquisition de droits de diffusion TV et est instruite contre inconnu et ne vise donc pas directement Gianni Infantino.

"Indices supplémentaires" des "Panama Papers"

Le Ministère public précise encore que les soupçons se fondent sur des informations provenant d’une autre enquête ainsi que sur "les analyses financières corrélatives du MPC". "Les publications actuelles dans les médias ont révélé des indices supplémentaires qui pourraient compléter de manière décisive les découvertes préexistantes", expliquent encore les procureurs suisses.

Mardi, Gianni Infantino s'était vivement défendu en affirmant que "rien n'indique qu'un méfait a été commis par l'UEFA ou par moi-même". "Je suis consterné et n'accepterais pas que mon intégrité soit mise en doute par certains médias", avait-il ajouté.

mre avec agences

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Les contrats dans le viseur

Le président de la Fifa Gianni Infantino est mis en cause par les "Panama Papers" pour avoir signé des contrats avec une société offshore pour céder des droits télévisés en dessous des prix du marché alors qu'il dirigeait le département juridique de l'UEFA, ont affirmé mardi divers médias.

Selon la presse, Gianni Infantino a signé en 2006 et 2007 des contrats portant notamment sur des droits télévisés sur trois saisons de Ligue de champions avec la société Cross Trading, basée à Niue, une île du sud-Pacifique,

Or, les propriétaires de cette société sont les Argentins Hugo et Mariano Jinkis, inculpés aux Etats-Unis pour avoir versé des pots-de-vin en échange de droits de diffusion des compétitions de la Fifa en Amérique du Sud.

Cross Trading a ensuite revendu ces droits sur la Ligue des champions pour plus de 311'000 dollars. Les journalistes ayant révélé l'information s'interrogent ainsi sur les raisons qui ont poussé l'UEFA à vendre des droits pour des prix largement inférieurs à ceux du marché.

Un membre de la commission d'éthique de la FIFA démissionne

L'Uruguayen Juan Pedro Damiani, cité dans le scandale "Panama Papers", a démissionné de la commission d'éthique de la FIFA, où il siégeait dans la chambre de jugement, selon le porte-parole de cette chambre, qui affirme avoir ouvert une enquête lundi suite aux révélations.

Selon les "Panama Papers", il est lié à trois personnes inculpées par la justice américaine dans le scandale de corruption de la FIFA.

Juan Pedro Damiani et son cabinet d'avocats auraient notamment travaillé pour sept sociétés offshore liées à l'Uruguayen Eugenio Figueredo, ancien vice-président de la FIFA et ex-membre de son comité exécutif, arrêté à Zurich fin mai.

Il aurait également servi d'intermédiaire auprès d'une société basée au Nevada (Etats-Unis) et liée aux hommes d'affaires argentins Hugo et Mariano Jinkis.

Ces derniers, dirigeants d'une société de marketing sportif, sont eux aussi poursuivis par la justice américaine, pour le versement présumé de dizaines de millions de dollars de pots-de-vin contre l'obtention de droits télévisés en Amérique du Sud.