Modifié le 23 mars 2016 à 07:53

Les femmes politiques souvent victimes de violentes menaces

Les femmes politiques endurent des paroles et des actes blessants
Les femmes politiques endurent des paroles et des actes blessants 19h30 / 2 min. / le 22 mars 2016
Les femmes sont faiblement représentées en politique, mais celles qui sont au pouvoir reçoivent parfois des coups d'une violence inouïe, en particulier via les réseaux sociaux. Des menaces qui peuvent perdurer aussi après leurs mandats.

L'ancienne conseillère d'Etat genevoise Michèle Künzler continue à recevoir des lettres anonymes menaçantes, deux ans et demi après avoir quitté l'arène politique. Devant la violence du courrier qu'elle vient de recevoir, elle a décidé de le rendre public en le postant sur sa page Facebook: "J'ai attendu et j’ai été comblé: vous voir virée comme une malpropre, une sorte de loi du talion rendue par les électeurs, et un départ sans retour… vous voilà engloutie dans le néant politique et c'est bon, c'est bon d'y penser, sale garce."

En un seul mandat à la tête des Transports genevois, l'écologiste a ramassé des coups violents: "On m'a écrit des lettres dans lesquelles il était écrit: 'sale pute, on va te faire la peau pendant la nuit'. Et dans l'enveloppe, un petit cercueil dessiné... Quand vous vous asseyez vers la fenêtre, vous avez quand même un petit moment de doute", témoigne Michèle Künzler.

A droite comme à gauche

Une virulence qui surprend Lorena Parini, politologue à l'Institut des études genres à l'Université de Genève: "Je sais que les hommes et les femmes politiques ont l'habitude de prendre des coups, mais là, je trouve particulièrement violent, très vulgaire. Je ne crois pas que les hommes reçoivent des insultes à caractère sexuel, peut-être d'autres, au niveau de la compétence ou de l'incompétence."

Michèle Künzler dénonce une réalité que beaucoup endurent, à droite comme à gauche. Comme la conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro (PLR/VD), qui a reçu des menaces de mort d'un chasseur anonyme quand elle a interdit le tir du lynx et à nouveau après avoir fait euthanasier un chien reconnu comme trop dangereux par plusieurs experts.

Scénario d'un viol

Autre expérience douloureuse, celle de la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD). Elle témoigne avoir reçu chez elle le scénario de son propre viol commandité par des Kosovars. "Il y a l'objet raciste et sexiste. Celui-là m'a un peu touchée." 

En dehors de cette expérience marquante, l'élue vaudoise est régulièrement victime d'injures sur sa page Facebook. "Les gens se lâchent avec les réseaux sociaux et n'ont plus conscience qu'ils parlent à un être humain."

Cynthia Gani/fme

Publié le 22 mars 2016 à 21:15 - Modifié le 23 mars 2016 à 07:53