Modifié le 21 juin 2016

La pendularité, toujours plus prisée, mais toujours plus chère

Les pendulaires
Les pendulaires TTC / 10 min. / le 07 mars 2016
Chaque année, le nombre de pendulaires et la longueur des trajets du domicile au travail croissent en Suisse, tandis que les frais engendrés par la pendularité sont toujours plus élevés. TTC fait le point.

En Suisse, le nombre de pendulaires ne cesse de croître, comme en témoigne la dernière étude de l'OFS publiée l'an passé. En 1990, 2,940 millions de Suisses pendulaient, soit 87,3% des travailleurs, contre 3,574 millions en 2010, soit 90,3% des travailleurs.

En Suisse romande, le district du Gros-de-Vaud est celui qui possède proportionnellement le plus de pendulaires puisque 28,2% de sa population quitte le district pour aller travailler. Ils sont 26,4% dans le district fribourgeois de la Veveyse. La palme suisse revient à trois districts soleurois qui voient près d'un tiers de leur population quitter le district pour travailler.

A l'inverse, la population lausannoise augmente de 24,9% en journée avec l'arrivée de 58'000 pendulaires, un record en Suisse romande. Pour la Suisse, c'est Zurich (+49,8%) et à nouveau Soleure (+54,2%) qui accueillent proportionnellement le plus de pendulaires.

>> Carte des pendulaires par district, avec la différence de population en journée:

 

En parallèle, les distances s'allongent. En 2013, la longueur moyenne d'un aller-simple était de 14,4 kilomètres, en hausse de 1,5 kilomètre par rapport à 2000.

C'est à Genève que la distance domicile-travail est la plus courte, avec une moyenne de 6,9 kilomètres par trajet. A l'inverse, les districts vaudois de Nyon, du Jura-Nord vaudois et d'Aigle, et le district fribourgeois de la Broye affichent tous des distances supérieures à 20 kilomètres de moyenne par trajet.

Le record suisse est détenu par le district d'Unterklettgau, dans le canton de Schaffhouse, avec 22,9 kilomètres par aller simple.

>> Carte des distances parcourues en moyenne par les pendulaires, par district:

Victorien Kissling et Aline Inhofer

Publié le 07 mars 2016 - Modifié le 21 juin 2016

Augmentation des coûts

Etre pendulaire coûte toujours plus cher. Pour les personnes qui empruntent les transports publics, le prix de l'abonnement général a par exemple augmenté de près de 25% en 10 ans. Il est passé de 2999 à 3655 francs pour la deuxième classe et de 4700 à 5970 pour la première classe.

Les prix des billets des transports publics vont encore augmenter de 3% en moyenne l'an prochain, a par ailleurs annoncé mercredi l'Union des transports publics. Monsieur Prix doit encore donner son accord.

Déductions plafonnées

Pour financer le fonds d'infrastructure ferroviaire, les déductions fiscales pour frais de transport ont été plafonnées au niveau fédéral dès cette année. Les pendulaires ne peuvent plus déduire désormais que 3000 francs au maximum de leur Impôt fédéral direct (IFD) au titre des frais de déplacement.

Si la liste des cantons alémaniques qui ont introduit ce plafonnement s'allonge, la recette ne séduit pas en Suisse romande, où la plupart des pendulaires bénéficient encore de déductions illimitées.

Exceptions en Suisse romande, Genève, qui vient de plafonner à 500 francs les déductions fiscales pour la mobilité et qui devient du même coup le canton le plus restrictif du pays, et Berne qui a opté pour un plafond à 6700 francs.