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Quand la digitalisation de la société menace de nombreux postes de travail

Uberisation [RTS]
Uberisation / T.T.C. (Toutes taxes comprises) / 10 min. / le 18 janvier 2016
Réserver un hôtel, acheter un billet d'avion ou faire du shopping: internet révolutionne le marché du travail. Le nombre de vendeurs ou d'agents de voyage n'a jamais été aussi bas en Suisse, détaille TTC lundi.

A l'ère d'internet et du commerce en ligne, le client fait tout lui-même. Il se mue en agent de voyage, libraire ou vendeur spécialisé. De plus, la révolution digitale s’accélère et pourrait révolutionner de nombreux métiers.

Des études américaines parlent d’un emploi sur deux qui pourrait disparaîtra d’ici vingt ans. Banquiers, vendeurs et agents de voyage sont les premiers visés.

L’OCDE évoque le chiffre de 40% des métiers touchés. Reporté à la Suisse, cela veut dire plusieurs centaines de milliers d’emplois en danger.

Si le secteur bancaire a connu une première douche froide à cause de la crise, ses employés ne sont pas à l'abri d'une nouvelle déconvenue, explique Frédéric Kohler, directeur de l'Institut supérieur de formation bancaire, à l'émission de la RTS lundi.

"Les services financiers en ligne et l'automatisation de la gestion de capitaux est sur le point de bouleverser le secteur financier."

De moins en moins de vendeurs

Mais les premiers secteurs touchés par la démocratisation des services online en Suisse restent le tourisme et le commerce de détail.

Ce dernier a vu son nombre d'employés fléchir fortement ces 15 dernières années pour tomber à moins de 317'000 employés travaillant dans le secteur au premier trimestre 2015.

"Le climat maussade est dû en partie aux achats en ligne mais bien sûr également au franc fort", précise à TTC Argi Arroyo, directrice du Trade Club, association qui regroupe les grands magasins. Un climat maussade qui pèse fortement sur les employés du secteur.

Selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique, entre 2002 et 2015, on observe une baisse quasi constante du nombre d'employés travaillant dans le commerce de détail, alors que l'indice du chiffre d'affaires du secteur est en augmentation.

Cette progression ne s'explique toutefois pas uniquement par l'expansion du commerce en ligne.

Cependant, selon une étude de Credit Suisse, le commerce en ligne, qui représente aujourd'hui 5% de la part du chiffre d'affaires du commerce de détail, pourrait atteindre 11% d'ici 2020. "La pression sur l'emploi et sur les prix au sein de la branche devrait encore augmenter" en déduisent les économistes de Credit Suisse.

Si la part de l'alimentaire reste mince dans le secteur de l'e-commerce, les achats d'habits, chaussures et d'électronique ne cessent d'augmenter.

Part du commerce en ligne par secteur [GfK Switzerland, VSV, Credit Suisse]Part du commerce en ligne par secteur [GfK Switzerland, VSV, Credit Suisse]

"Tant qu'il y aura des magasins, il y aura besoin de vendeurs", tente de rassurer Argi Arroyo. "La seule manière de se différencier d'internet est d'offrir un service qui réponde et satisfasse parfaitement la demande du client en magasin, le métier de vendeur va donc se spécialiser", estime-t-elle encore.

La moitié des agences de voyages ont disparu

Autre secteur largement touché par le e-commerce: le tourisme. Le nombre d'agences de voyages présentes en Suisse atteignait quelque 3700 en l'an 2000 contre à peine plus de 2000 en 2015, soit une baisse de 46%.

>> Lire aussi: Le nombre d'agences de voyage en Suisse a diminué de moitié en 15 ans

L'économie de partage, incarnée par des plateformes comme Uber ou Airbnb, est régulièrement pointée du doigt. Voyage de groupe, à thème ou très spécialisé, les agences de voyages n'ont de cesse d'innover pour continuer d'attirer des clients.

"On ne se contente plus de réserver un hôtel et un vol, il faut avoir des idées. Mais cela a poussé les agences de voyages à se professionnaliser", relève Michel Ryser, directeur de Croisitour.

>> Lire aussi: Airbnb, quand la sous-location devient un business à large échelle

>> Le reportage complet est à voir dans l'émission TTC lundi à 20h10 sur RTS Un.

Sophie Badoux/Valérie Demierre

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