Modifié le 04 janvier 2016 à 19:33

Divergences au sein de l'UDC sur la question du renvoi des "secondos"

Le conseiller national zurichois (au centre) s'est fait reprendre par les pontes de son parti.
Le conseiller national zurichois (au centre) s'est fait reprendre par les responsables de son parti. [Lukas Lehmann - Keystone]
La direction de l'UDC s'est distancée dimanche des propos de son conseiller national Hans-Ueli Vogt, qui estimait dans la presse dominicale que les "secondos" ne devraient pas être concernés par le texte sur les étrangers criminels.

Quiconque est né en Suisse ne devrait pas être expulsé, même en cas d'acceptation de l'initiative "pour le renvoi effectif des étrangers criminels", avait plaidé le professeur de droit et conseiller national zurichois dans un entretien à la Schweiz am Sonntag.

"Certes les 'secondos' n'appartiennent pas à la communauté des citoyens suisses, mais ils font partie de notre communauté sociale et de notre communauté de droit", estime Hans-Ueli Vogt. "Nous ne pouvons et ne devons pas expulser ces personnes", ajoute-t-il.

"Pas la position du parti"

La direction de son parti voit les choses différemment. "Hans-Ueli Vogt exprime dans cette interview un avis personnel qui ne correspond pas à la position de l'UDC sur ce point," a réagi Martin Baltisser, secrétaire général du parti, interrogé par l'ats.

La "grande majorité" des immigrants de 2e génération se conforme aux lois en Suisse et profitera elle aussi d'une plus grande sécurité si l'initiative passe, explique-t-il.

ats/asch

Publié le 03 janvier 2016 à 14:46 - Modifié le 04 janvier 2016 à 19:33

Une marge de manoeuvre qui horripile l'UDC

Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent de rejeter l'initiative sur le renvoi effectif des criminels étrangers. Fin décembre, la cheffe du Département fédéral de justice et police Simonetta Sommaruga avait déjà averti qu'en cas d'acceptation, les étrangers nés en Suisse seraient aussi concernés pour certaines infractions.

Avec son texte de mise en oeuvre, l'UDC veut atteindre exactement les objectifs inscrits dans sa première initiative acceptée par le peuple en 2010. Mais le Parlement a de son côté élaboré une loi d'application qui ne retient que les crimes les plus graves pour permettre une expulsion automatique. Pour l'UDC, cette clause d'exception est une véritable épine dans le pied.