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Didier Burkhalter est prêt à travailler avec tous les candidats de l'UDC

Pour Didier Burkhalter, "ratifier cette convention est aussi une question de crédibilité pour la Suisse". [Alessandro Della Valle - Keystone]
Interview de Didier Burkhalter / Forum / 10 min. / le 1 décembre 2015
Prêt à travailler avec n'importe quel candidat de l'UDC, tout en insistant sur le besoin de collégialité, le conseiller fédéral Didier Burkhalter est revenu sur l'étape des auditions qu'il a lui-même vécue en 2009.

Alors que les "hearings" (auditions) des candidats UDC au Conseil fédéral ont commencé mardi, Didier Burkhalter est revenu dans l'émission Forum sur ce processus qu'il a lui-même affronté il y a six ans, avant son élection au gouvernement.

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"Je crois qu'il faut penser que ce n'est pas seulement le fond qui va être décisif. C'est plus un lien humain qui doit se créer, parce que la personne choisie devra s'intégrer à un collège. Elle devra travailler avec les autres conseillers fédéraux et convaincre les Chambres. On sent qu'il y a un test, une volonté d'établir un nouveau lien, lié à la fonction envisagée. Je pense que ces moments peuvent être vraiment décisifs, parce qu'on y construit un début de confiance. Et la confiance, c'est fondamental pour l'élection", a raconté le conseiller fédéral.

"Je travaille avec tout le monde"

Interrogé sur la possibilité de siéger avec l'UDC Thomas Aeschi, tenant d'une ligne dure face à l'Europe, le Neuchâtelois n'a pas fait part de réticences: "Je travaille avec tout le monde."

Habitué aux changements dans les différents exécutifs dans lesquels il a siégé, Didier Burkhalter est convaincu qu'il est même "intéressant et souhaitable" d'avoir des points de vue très différents."Mais il faut avoir la même culture: c'est la collégialité", a-t-il ajouté. "Sans cela, la Suisse ne fonctionne pas. Si le Conseil fédéral perd la notion même de collégialité - ou la laisse partir comme une espèce de fissure dans un mur - à ce moment-là, tout est plus fragile et il n'est pas impossible que le mur tombe. Tandis que si l'on est absolu sur cette question de la collégialité, tout tient."

La phase diplomatique avance en Syrie

Sur la scène internationale, marquée par l'intervention de la France et d'autres puissances en Syrie après les attentats de Paris, le chef du Département fédéral des affaires étrangères a jugé qu'il n'avait pas à regretter ou non la phase militaire actuellement en cours. "C'est une phase de grandes puissances qui concerne essentiellement le combat contre l'Etat islamique autoproclamé". La Suisse se concentre par contre toujours sur le processus diplomatique afin de trouver une issue à la guerre civile opposant le régime de Bachar al-Assad aux groupes rebelles.

Didier Burkhalter a d'ailleurs souligné que la volonté de pousser le processus syrien n'a jamais été aussi forte qu'actuellement. "Si vous regardez ces dernières semaines, par rapport à quatre ans d'attente, il y a enfin un groupe de contact international qui a siégé deux fois. Théoriquement, des discussions sont aussi en cours à Paris ces jours. Et nous préparons l'étape suivante, à savoir les négociations intra syriennes. C'est très complexe, mais la phase diplomatique est en cours".

Vers une solution avec l'UE sur la libre circulation?

Enfin, quant à la recherche d'une solution avec l'Union européenne sur l'application de l'initiative du 9 février 2014 contre l'immigration de masse, Didier Burkhalter a confirmé que la Suisse cherchait une solution consensuelle avec l'UE pour régler la problématique de la libre circulation des personnes. Les discussions actuelles se dirigent sur une déclaration interprétative d'un article de cet accord, qui ne serait ainsi pas modifié.

"Ce que je dois vous dire, c'est que j’ai été surpris en lisant les journaux ce dimanche. Certains disaient que c'était impossible, et d'autres que c'était déjà fait. La vérité est entre les deux", a-t-il expliqué, en précisant que le Conseil fédéral évoquera cette question vendredi et qu'il mettait tout en oeuvre pour régler cette question. Mais "si ce n'est pas possible, nous serons alors dans une situation beaucoup plus difficile. Nous devrons appliquer nous-mêmes la décision du peuple telle qu'elle a été votée", a-t-il conclu.

jzim

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