Modifié le 22 novembre 2015

Près de 30 agents cantonaux romands surveillent la menace djihadiste

VD: le dialogue entre la police et la mosquée de Lausanne s’est intensifié
VD: le dialogue entre la police et la mosquée de Lausanne s’est intensifié 19h30 / 2 min. / le 22 novembre 2015
Après les attentats de Paris, le dialogue entre la police et les mosquées s’est intensifié. Dans les cantons romands, environ 30 policiers, en plus des agents de la Confédération, sont chargés du contrôle des situations à risques, selon une enquête de la RTS.

"Lorsqu'il y a vraiment un danger nous sommes des citoyens", explique Mouwafac el Rifaï, imam de la mosquée de Lausanne. "La Suisse est notre pays, nos enfants vivent ici et il faut tout faire pour préserver la société et le pays où l'on vit", souligne-t-il en expliquant son rôle de prévention.

La collaboration avec les autorités semble désormais encore plus nécessaire depuis les attentats qui ont secoué Paris. Yasser, un fidèle, témoigne ainsi de l'incursion d'une personne dans le lieu de culte "proclamant la victoire du groupe Etat islamique". Un perturbateur qui a été "immédiatement identifié et chassé".

"Désendoctriner"

Le dialogue permet aussi un travail de prévention. Récemment, la police cantonale a fait appel à la mosquée de Lausanne pour "désendoctriner" une jeune Vaudoise, candidate au djihad.

"Nous avons expliqué à cette jeune personne toute la nébuleuse dans laquelle elle était en train d'entrer en lui apportant des réponses avec les preuve de l'islam", raconte Bassam Degerab porte-parole de la mosquée. Un travail en amont qui aura permis d'empêcher son départ vers la Syrie.

10 agents à Genève

En Suisse romande, chaque canton possède ses spécialistes qui surveillent la menace djihadiste. Selon l'enquête de la RTS, Genève compte le plus d'agents, avec une dizaine de policiers spécialisés. Suivent Vaud (7), Neuchâtel (6), Fribourg (3), le Valais (4) et le Jura (un demi poste).

Pour les autorités, l'échange d'information avec les mosquées est crucial, comme le souligne Jean-Christophe Sauterel, en charge de la communication de la Police vaudoise. "Il ne s'agit pas de délation, il ne s'agit pas non plus pour la police de surveiller en permanence ces communautés, mais de cibler des situations potentiellement à risque".

Reste que les experts sont unanimes, dans la majorité des cas la radicalisation des jeunes ne se passe pas dans les mosquées, mais sur internet et à travers les réseaux sociaux.

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Jérome Galichet/mre

Publié le 22 novembre 2015 - Modifié le 22 novembre 2015